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UKRAINE Moscou défie Kiev et soutient les élections séparatistes

La Russie a annoncé qu'elle reconnaîtrait les élections organisées dimanche prochain par les séparatistes de l'est de l'Ukraine.

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En images, les événements en Ukraine (mai-septembre 2014)

En images, les événements en Ukraine (mai-septembre 2014) La crise qui fait vaciller l'Ukraine depuis plusieurs mois a connu un tournant majeur avec la signature d'un cessez-le feu.

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La Russie a averti mardi 28 octobre qu'elle reconnaîtrait les élections organisées dimanche prochain par les séparatistes de l'est de l'Ukraine, défiant Kiev avant la réunion de l'UE consacrée aux sanctions économiques visant Moscou.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a vivement condamné cette prise de position du Kremlin. «Cela constituerait une violation claire des engagements pris par la Russie et les séparatistes lors des accords de Minsk» qui avaient ouvert la voie à un cessez-le-feu le 5 septembre, a-t-il déclaré lors d'un déplacement au Canada.

«Les États-Unis et la communauté internationale ne reconnaîtront pas les élections des séparatistes à moins qu'elles ne s'inscrivent dans le cadre de la loi de statut spécial adoptée» par les autorités à Kiev, a averti le responsable américain.

Moscou «met en danger» le processus de paix

Plus tôt dans la journée, le président ukrainien Petro Porochenko a également dénoncé les déclarations de Moscou qui «mettent en danger» le processus de paix censé régler un conflit ayant fait plus de 3700 morts selon l'ONU.

Pendant que dans la capitale ukrainienne, les partis pro-occidentaux sortis en tête des législatives négocient la formation d'une coalition, les insurgés de l'Est préparent leurs propres présidentielles et législatives du 2 novembre dans leurs deux Républiques populaires autoproclamées, de Donetsk et Lougansk.

«Nous reconnaîtrons bien entendu leurs résultats», a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. «Nous espérons que l'expression du peuple sera libre et que personne ne viendra tenter de la perturber de l'extérieur», a-t-il ajouté.

«Légitimer les autorités» rebelles

Moscou, qui selon Kiev et les Occidentaux soutient militairement l'insurrection armée prorusse, n'avait pas formellement reconnu en mai les référendums d'indépendance organisés par les séparatistes, contrairement à celui qui avait permis deux mois plus tôt le rattachement de la Crimée à la Russie.

Mais pour le chef de la diplomatie russe, il s'agit de «légitimer les autorités» rebelles dans le cadre des accords de Minsk qui ont permis un apaisement des combats sans y mettre fin complètement.

Cet accord de paix prévoit pour les zones séparatistes une large autonomie et des élections locales, dans le cadre d'une décentralisation et non d'une indépendance.

Détérioration sans précédent des relations

La crise ukrainienne, avec le renversement du président prorusse Viktor Ianoukovitch, le rattachement de la Crimée à la Russie et le conflit armé dans l'Est, a conduit à une détérioration sans précédent des relations entre Moscou et les pays occidentaux depuis 1991.

Conséquence des massives fuites de capitaux que subit l'économie russe, au bord de la récession, le rouble a encore battu mardi des records de faiblesse par rapport à l'euro et le dollar. Le ministre de l'Économie Alexeï Oulioukaev a admis que le phénomène avait un effet direct sur les prix, avec une inflation qui dépasse déjà 8%.

Mardi, les ambassadeurs des pays de l'Union européenne doivent faire le point sur leur arsenal de sanctions, mais un allègement est peu probable alors que les combats se sont de nouveau intensifiés depuis le début de semaine.

Pourparlers sur le gaz

Autre rendez-vous difficile qui s'annonce: les pourparlers mercredi à Bruxelles visant à rétablir les approvisionnements de l'Ukraine en gaz russe, coupées depuis juin.

Si les deux parties se sont mises d'accord sur un prix provisoire, le règlement de la dette gazière ukrainienne reste une question épineuse et le ministre ukrainien des Finances, Olexandre Chlapak, a fait part de son «impression que personne ne veut se mettre d'accord».

Le conflit risque de perturber les approvisionnements européens mais aussi d'aggraver la profonde crise économique et financière de l'Ukraine.

Les forces pro-occidentales en position de force

Avec l'arrivée de l'hiver, ce dossier s'annonce comme l'une des priorités pour le gouvernement que tentent de former les forces pro-occidentales ayant remporté les législatives.

Après le décompte de presque 96% des voix, le Premier ministre Arseni Iatseniouk, aux positions fermes face à Moscou, semble en position de force, son Front Populaire arrivant en tête (22,2%) quand les sondages à la sortie des bureaux de vote le plaçaient derrière le mouvement du président Petro Porochenko (21,8%).

Ces deux formations ont besoin d'autres alliés pour une majorité forte, notamment le parti Samopomitch (11%), composé de jeunes militants issus de la contestation du Maïdan.

Répartition des sièges attendue

Mais le leader de cette formation, Andriï Sadovy, a assuré qu'elle ne participait à aucune négociation pour l'heure, et qu'elle se prononcerait sur une participation en fonction d'un programme et non de la promesse de postes au gouvernement.

Le Bloc d'Opposition des alliés de l'ex-président prorusse Ianoukovitch se maintient dans l'assemblée avec 9,3%, à l'inverse du Parti communiste (3,8%).

La répartition exacte des sièges parlementaires ne sera toutefois pas connue avant le décompte des voix total dans les circonscriptions en raison d'un mode de scrutin complexe. (afp/nxp)

Créé: 28.10.2014, 20h52

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