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Italie Le n°2 du nouveau gouvernement est «berlusconien»

Après deux mois d'impasse, un nouveau gouvernement est enfin né en Italie: une coalition gauche-droite incarnée par le nouveau Premier ministre démocrate Enrico Letta et par son numéro deux, le chef du parti de Silvio Berlusconi, Angelino Alfano.

Angelino Alfano, a été nommé vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur.

Angelino Alfano, a été nommé vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur.

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«C'était le seul gouvernement possible et sa constitution ne pouvait pas attendre», a commenté le président de la République, Giorgio Napolitano. Cette alliance permettra au nouveau gouvernement d'obtenir la confiance des deux Chambres, comme le prévoit la Constitution, s'est-il félicité. Après avoir souhaité «la plus grande cohésion» à cette nouvelle équipe, il a longuement empoigné les deux mains du nouveau chef du gouvernement.

Signal très fort de cette «large entente» encore mal acceptée par nombre de militants du Parti démocrate (gauche) de M. Letta, M. Alfano, chef du Peuple de la liberté (PDL, droite), parti créé par le Cavaliere, sera vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur.

Le ministère de l'Economie et des Finances va au directeur de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, alors que la troisième économie de la zone euro est plongée dans la récession.

Un visage connu fait une nouvelle apparition: celui de l'ex-commissaire européenne radicale Emma Bonino, nommée aux Affaires étrangères. Quant à la Justice, ministère très sensible pour M. Berlusconi, poursuivi dans plusieurs procès, il revient à l'actuelle ministre de l'Intérieur, Anna Maria Cancellieri.

En présentant avec une «sobre satisfaction» son gouvernement, M. Letta s'est félicité surtout du «record de présence féminine et le rajeunissement de l'équipe». De fait, de nombreuses figures encore inconnues du grand public en Italie apparaissent dans ce gouvernement.

La tâche de M. Letta était compliquée: il s'agit de faire travailler ensemble deux forces qui ont multiplié les attaques mutuelles depuis des années. La gauche répétait sur tous les tons ces dernières semaines qu'elle n'accepterait jamais de gouverner avec son ennemi juré, Silvio Berlusconi.

Majoritaire à la Chambre des députés, mais pas au Sénat, elle n'avait pu trouver l'appui nécessaire pour former un gouvernement. Après deux mois d'impasse politique, elle a dû opérer un virage à 180 degrés.

Des tractations ont été menées tous azimuts. Samedi, M. Letta s'est entretenu avec son ex-patron, Pier Luigi Bersani, puis, pendant plus de deux heures, avec une importante délégation du Peuple de la Liberté (PDL, droite): son fondateur Silvio Berlusconi, le dirigeant du PDL Angelino Alfano, et le conseiller spécial du Cavaliere, qui n'est autre que... son oncle, Gianni Letta.

«Le PD ne réussit pas à digérer l'idée de faire partie d'un gouvernement de large entente avec Berlusconi (...)», analyse Marcello Sorgi dans le journal La Stampa.

Berlusconi redevenu indispensable

De son côté, Silvio Berlusconi, redevenu indispensable alors qu'on le croyait fini il y a encore quelques mois après maints procès et scandales, faisait monter les enchères.

Après l'annonce du gouvernement, il a affirmé avoir agi «pour la formation du gouvernement sans poser aucune condition, sans exclure des personnes qui avaient été ministres dans de précédents gouvernements». «Ainsi, nous avons contribué à faire un gouvernement en peu de temps», s'est-il réjoui.

Le président Napolitano, réélu quasiment contre son gré à bientôt 88 ans, a plaidé pour «une rénovation, un changement générationnel et une forte présence féminine». Une façon de répondre au besoin de changement exprimé par les Italiens, notamment par le succès inattendu de Beppe Grillo, qui a vu dans les tractations tous azimuts un «mépris pour les huit millions d'Italiens» ayant voté pour lui.

La note de l'Italie reste stable

Le nouveau gouvernement, qui prêtera serment dimanche, doit désormais s'accorder sur son programme, en particulier sa politique économique.

L'agence d'évaluation financière Moody's Investors Service a confirmé vendredi la note accordée à la dette de l'Italie, "Baa2", malgré la crise politique, tout en se réservant la possibilité de l'abaisser à moyen terme.

Enrico Letta a déjà mis en cause, tout comme M. Berlusconi, les politiques d'austérité. Mais le Cavaliere milite pour la suppression d'une taxe immobilière - dont il avait même promis le remboursement pendant sa campagne -, ce qui pourrait coûter jusqu'à huit milliards d'euros à l'Italie, plongeant la gauche dans l'embarras.

M. Letta devrait présenter son programme lundi devant la Chambre des députés en posant la question de confiance devant le Parlement. (afp/nxp)

Créé: 27.04.2013, 17h46

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