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Turin Nouveau rebondissement dans l'affaire Eternit

Le procureur de Turin accuse l'homme d'affaires suisse Stephan Schmidheiny d'homicide volontaire aggravé et demande son renvoi devant la justice.

Le milliardaire suisse avait été condamné en appel à 18 ans de prison, mais avait finalement été acquitté.

Le milliardaire suisse avait été condamné en appel à 18 ans de prison, mais avait finalement été acquitté. Image: Keystone

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Schmidheiny, les procès Eternit

Schmidheiny, les procès Eternit En juin 2013, l'entrepreneur suisse Schmidheiny avait été condamné en appel à 18 ans de prison. Il avait été acquitté en novembre 2014. C'est le deuxième procès pour le décès de 258 personnes entre 1989 et 2014.

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Le procureur de Turin Raffaele Guariniello a demandé lundi 23 février le renvoi devant la justice de l'homme d'affaires suisse Stephan Schmidheiny. Il l'accuse d'homicide volontaire aggravé pour la mort de 258 personnes dans les régions où se trouvaient des usines d'amiante du groupe Eternit S.p.A. Gênes.

Ces décès ont été enregistrés entre 1989 et 2014, a annoncé le magistrat piémontais en commentant les considérants du jugement rendu en novembre dernier par la Cour de cassation.

Condamné avant d'être acquitté

Le milliardaire suisse avait été condamné en appel à 18 ans de prison pour la mort de près de 3000 personnes dans ses usines d'amiante en Italie. Mais la plus haute juridiction transalpine avait annulé ce verdict et acquitté l'accusé, jugeant les faits prescrits.

Stephan Schmidheiny, ancien propriétaire d'Eternit Suisse et ancien actionnaire important d'Eternit Italie (de 1976 à 1986), avait été condamné notamment pour avoir provoqué volontairement une «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» en lien avec les quatre usines italiennes du groupe Eternit S.p.A. Gênes.

L'amiante «tue toujours»

En novembre, le procureur de la Cour de cassation, Francesco Mauro Iacovello, avait indiqué qu'en l'absence de normes juridiques spécifiques, l'affaire Eternit aurait dû être considérée comme prescrite depuis 1998 déjà, 12 ans après la mise en faillite de la société en Italie.

Le représentant des parties civiles, Sergio Bonetto, avait alors contesté l'interprétation du procureur. «L'amiante tue toujours: le nombre de morts va vraisemblablement atteindre son maximum en 2025. Pour cette raison, la catastrophe environnementale dure toujours et n'est vraiment pas prescrite», avait-il alors lancé devant la Cour.

«Honte à vous, honte à vous»

Dans la salle d'audience se trouvaient des proches des victimes de l'amiante des quatre anciens sites d'Eternit S.p.A. Gênes au Piémont, en Emilie-Romagne et en Campanie (la région de Naples). D'autres étaient venus de Suisse, de Grande-Bretagne ou du Brésil.

Les syndicats et les organisations de défense de l'environnement avaient également critiqué un réquisitoire qu'ils avaient jugé «absurde». De nombreuses familles des victimes avaient violemment accueilli le verdict au cri de «honte à vous, honte à vous». (ats/nxp)

Créé: 23.02.2015, 19h36

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