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Politique Nouvelle démission au sein du gouvernement français

Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Kader Arif, a démissionné du gouvernement Valls.

Kader Arif, proche de François Hollande, est indirectement visé par une enquête préliminaire.

Kader Arif, proche de François Hollande, est indirectement visé par une enquête préliminaire. Image: Reuters

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La liste des ministres limogés ou démissionnaires depuis le début du quinquennat de François Hollande s'est encore allongée vendredi 21 novembre avec le départ du secrétaire d'État aux Anciens combattants Kader Arif, soupçonné de favoritisme dans l'attribution des marchés publics

M. Arif, 55 ans, un fidèle du président de la République, a rejoint la cohorte de ministres poussés à la démission depuis 2012 pour leur implication présumée dans des affaires, comme Jérôme Cahuzac ou Thomas Thévenoud, ou des désaccords politiques, à l'instar d'Arnaud Montebourg ou Delphine Batho.

Son départ intervient après l'ouverture d'une enquête judiciaire sur des soupçons de favoritisme, dont auraient pu bénéficier deux sociétés dirigées par des membres de sa famille pour décrocher des marchés publics dans la région de Toulouse, sa terre d'élection.

M. Arif a été aussitôt remplacé par Jean-Marc Todeschini, sénateur PS de Moselle et ancien membre de cabinets dans ce secrétariat d'État.

Selon un communiqué de l'Élysée, M. Hollande «a remercié» vendredi matin le secrétaire d'État pour son «action accomplie au service du monde combattant depuis plus de deux ans».

Mais, d'après une source bien informée, l'entretien de M. Arif avec le chef de l'État vendredi matin s'est «très mal passé». M. Arif aurait notamment reproché à M. Hollande de «protéger ses amis», en évoquant le secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet, englué dans des déclarations contradictoires mettant en cause l'ex-Premier ministre François Fillon.

«Par respect»

L'enquête visant M. Arif a été ouverte à Toulouse en septembre, avec pour but de vérifier si deux sociétés successives d'organisation de spectacles, dirigées notamment par son frère, puis par ses neveux, ont pu bénéficier de favoritisme pour remporter deux marchés pluriannuels d'un montant de plusieurs millions d'euros avec la Région Midi-Pyrénées.

Jeudi, une source judiciaire a révélé qu'une perquisition avait été menée le 6 novembre dans un service du ministère de la Défense, dans le cadre de l'enquête préliminaire sur ces marchés publics attribués à ces proches de M. Arif.

Dans un communiqué à l'AFP, M. Arif a expliqué avoir démissionné «par respect pour la fonction ministérielle» et «par respect» pour les commémorations et le monde combattant dont il avait la charge. «Cette décision est aussi l'expression de ma loyauté totale au président de la République et au Premier ministre», a-t-il écrit.

«Ça commence à faire beaucoup»

Figure importante du PS en Midi-Pyrénées, M. Arif avait dénoncé à l'automne, quand avaient été publiés de premiers articles sur cette affaire, des «amalgames et des insinuations».

Le Parti socialiste est resté très discret. «C'est bien qu'il (M. Arif) puisse s'expliquer sans que cela vienne interférer avec le travail du gouvernement», a simplement réagi sur le Talk Orange Le Figaro une des porte-parole du PS, Corinne Narassiguin. «Plus un!», a pour sa part déploré le secrétaire national du Parti de gauche, François Coq.

Démissionner, «c'est la décision qu'il fallait prendre», a jugé Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement.

L'UMP s'est abstenu de tout commentaire, tandis que le Front National a vivement réagi. «Ça commence à faire beaucoup dans un même gouvernement», a dénoncé sa présidente Marine Le Pen critiquant «une déliquescence éthique et morale».

«C'est les Galeries Lafayette», ironisait amèrement un proche de François Hollande, craignant que l'accumulation des affaires à droite comme à gauche ne finisse par conduire les électeurs à se dire : «Sortez-moi tout ça.»

Départs à la chaîne

M. Cahuzac, ex-ministre du Budget, détenteur d'un compte en Suisse, avait ouvert le bal le 13 mars 2013, avec son retentissant limogeage après l'ouverture d'une information judiciaire pour des faits présumés de blanchiment et fraude fiscale.

Un an après, Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie, soupçonnée d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine, a été écartée du premier gouvernement Valls.

Enfin, le 4 septembre, M. Thévenoud avait dû, neuf jours seulement après sa nomination au sein du gouvernement Valls II, quitter son poste de secrétaire d'État au Commerce extérieur pour s'être soustrait au fisc.

A cette liste s'ajoute la démission d'Aquilino Morelle, conseiller politique du président, le 18 avril, après sa mise en cause dans une affaire de conflits d'intérêts. (ats/nxp)

Créé: 21.11.2014, 16h58

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