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Italie Les politiciens italiens discrédités par un scandale

Le scandale financier qui a entraîné lundi la démission de la présidente de la région de Rome porte un coup au parti de Silvio Berlusconi. L’affaire risque toutefois surtout d’accroître le discrédit des hommes politiques.

Renata Polverini a annoncé lundi soir sa démission «irrévocable».

Renata Polverini a annoncé lundi soir sa démission «irrévocable». Image: Keystone

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«Aucun parti politique ne doit se faire d’illusion. Même si tous n’ont pas agi de la même façon, il existe une rage à leur encontre qui peut devenir dangereuse», estime pour Giacomo Marramao, professeur de philosophie politique à l’Université Rome III. Le très respecté président de la Republique Giorgio Napolitano s’est élevé mardi contre «les malversations et phénomènes de corruption inimaginables, honteux qui se multiplient au mépris de la légalité». «Qui se préoccupe à juste titre de l’anti-politique (NDLR: groupes et individus opposés aux partis traditionnels) doit savoir réassainir la politique en profondeur», a-t-il ajouté.

Lundi soir, Renata Polverini, une ex-syndicaliste élue pour cinq ans en mars 2010, a annoncé sa démission «irrévocable», en affirmant vouloir mettre fin à l’utilisation laxiste des financements régionaux par le groupe parlementaire local de son propre parti, le Peuple de la Liberté (PDL), fondé par le Cavaliere.

Fonds publics

Une enquête a été ouverte par le parquet de Rome contre une dizaine de conseillers régionaux de ce parti soupçonnés de malversations financières.

Au centre du scandale, l’ex-chef de groupe du PDL, Franco Fiorito, surnommé «Batman», soupçonné d’appropriation illicite de fonds publics pour environ un million d’euros. Lui s’en défend, affirmant avoir toujours agi dans la légalité.

«Il est facile d’être honnête en se divisant légalement tout l’argent public», commentait récemment un éditorialiste de «La Repubblica» (gauche), Francesco Merlo, rappelant les substantielles augmentations que se sont octroyées les conseillers régionaux - toutes étiquettes confondues - ces deux dernières années, au moment- même où l’Italien lambda était soumis à une sévère cure d’austérité.

Selon la presse, les conseillers régionaux, qui touchaient déjà 12’000 euros mensuels (14’500 francs), se sont accordés, sous le mandat de Renata Polverini, une enveloppe supplémentaire de 8300 euros mensuels. Les chefs de groupe touchent encore plus, y compris si le groupe est composé d’une personne! Système en cause

Quant aux dotations accordées par la Région aux partis politiques, elles sont passés de 1 à 14 millions d’euros en deux ans.

Dans le même temps, afin de résorber le grave déficit du Latium (nom de la région de Rome), les impôts locaux étaient multipliés par trois. Et des coupes budgétaires étaient opérées dans les hôpitaux, les dépenses sanitaires, la culture...

«Le pire est qu’il s’agit d’un scandale semi-légal», note Stefano Folli, éditorialiste du quotidien économique «Il Sole 24 ore», pour qui l’affaire risque de renforcer les mouvements hostiles aux partis comme celui de l’ex-comique Beppe Grillo.

«C’est un système entier» qui est en cause, selon le professeur Marramao: «Machiavel avait déjà observé l’absence de sens civique en Italie», où «chacun cherche dans la politique une manière de s’enrichir au lieu de porter des projets». Pour l’Unità (gauche), le scandale «alimente la défiance et le mépris des citoyens envers les partis et les institutions». (afp/nxp)

Créé: 26.09.2012, 06h53

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