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Majorque La sœur du roi d'Espagne devant la justice

Pour la première fois, un membre de la famille royale espagnole, l'infante Cristina, comparaît avec son mari dans une vaste affaire de corruption.

L'infante Cristina ce lundi 11 janvier à son procès.

L'infante Cristina ce lundi 11 janvier à son procès. Image: Keystone

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Cristina d'Espagne, soeur du roi sur le banc des accusés: pour la première fois, un membre de la famille royale espagnole comparaît depuis lundi devant la justice dans une vaste affaire de corruption, un procès auquel elle espère encore échapper in extremis.

Dès la première audience, les avocats de l'infante ont déployé une batterie d'arguments juridiques face aux trois magistrates du tribunal de Majorque. Le procès ne devrait s'achever qu'en juin.

En attendant que cette question soit tranchée, l'infante de 50 ans a dû prendre place, comme n'importe quel autre citoyen, dans une salle d'audience dominée par le portrait de son frère. Felipe VI se trouve à la tête du royaume depuis l'abdication de leur père Juan Carlos en 2014.

«Procès de l'année»

Vêtue d'un simple tailleur-pantalon noir, l'air grave, la princesse est bien malgré elle la vedette du «procès de l'année», au côté de son époux, Iñaki Urdangarin. A leur côté, figurent 18 prévenus.

Seconde fille de Juan Carlos Ier et Sofia, Cristina est soupçonnée d'avoir dissimulé au fisc des revenus provenant des détournements de 6 millions d'euros (6,53 millions de francs au cours actuel) de fonds publics reprochés à son mari et à un ex-associé de celui-ci. Le juge d'instruction avait tenté de démontrer qu'elle en était partie prenante.

Mais le procureur s'est opposé aux poursuites. L'infante n'est finalement jugée que pour fraude fiscale.

Installée à Genève

Cristina a toujours soutenu qu'elle ne savait rien. Et elle a maintes fois affirmé qu'elle faisait une confiance aveugle à son compagnon, ancien handballeur professionnel et double médaillé olympique. La soeur du roi l'a épousé à Barcelone, en 1997, quand la popularité de la monarchie était au plus haut.

Réputée très amoureuse du père de ses quatre enfants, Cristina a refusé de divorcer en dépit des pressions exercées par la Maison royale, qui aurait voulu limiter les effets toxiques de l'affaire pour la monarchie. Exclu de toutes les activités officielles au palais, le couple vit depuis 2013 à Genève.

Contrats surévalués

Iñaki Urdangarin, 47 ans, et son ex-associé, Diego Torres, sont notamment accusés d'avoir surévalué les contrats signés entre 2004 et 2006 par l'institut Noos - fondation à but non lucratif dédiée à l'organisation d'événements sportifs qu'ils dirigeaient - avec les gouvernements régionaux des Baléares et de Valence.

Selon l'accusation, les bénéfices étaient répartis entre plusieurs sociétés-écrans dont Aizoon, propriété de Cristina et d'Iñaki. Ces derniers auraient utilisé cet argent pour financer des fêtes, des voyages, des travaux ou des cours de danse...

Iñaki Urdangarin est jugé pour détournement de fonds, fraude fiscale, trafic d'influence, escroquerie et blanchiment d'argent. Il encourt jusqu'à 19 ans et demi de prison.

Non-lieu exigé

Concernant Cristina, seule l'association Manos Limpias (Mains propres, d'extrême droite) représente l'accusation publique. Elle demande huit ans de prison pour l'infante.

La défense de la princesse joue là-dessus pour plaider le non-lieu. Elle souligne que ni le parquet, ni un avocat représentant l'Etat n'ont réclamé de poursuites au nom du Trésor public, présumée victime.

L'avocate du Trésor public a abondé dans le sens de la défense, de même que le procureur. Ce dernier a assuré disposer d'un nouveau rapport prouvant que l'infante n'était pas coupable de fraude fiscale.

Mais l'avocate de Manos Limpias, Virginia López Negrete, a défendu «l'accusation populaire», une procédure «parfaite pour la lutte contre la corruption et contre les élites» dans un pays écoeuré par la multiplication des scandales en temps de crise.

Dimanche, Diego Torres a réaffirmé, dans une interview télévisée, que Juan Carlos Ier était au courant des affaires de Noos. La Maison royale révisait «ce que nous faisions, ils nous guidaient. Nous avons toujours agi de bonne foi», a-t-il soutenu.

A l'audience, son avocat a demandé la comparution en tant que témoins des rois Juan Carlos Ier et Felipe VI. (afp/nxp)

Créé: 11.01.2016, 12h40

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