Mardi 28 janvier 2020 | Dernière mise à jour 17:41

Nucléaire iranien Les Européens se bougent pour sauver l'accord

Européens et Iraniens ont prévu de se rencontrer lundi. Pékin et Moscou veulent également sauver l'accord menacé après le retrait des Etats-Unis.

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Les Européens ont entamé des discussions mercredi pour convaincre l'Iran de ne pas sortir de l'accord encadrant son programme atomique après le retrait fracassant des Etats-Unis. C'est le seul rempart selon eux contre la prolifération nucléaire au Moyen-Orient.

Le président français Emmanuel Macron, qui reste en première ligne dans ce dossier même s'il n'a pas réussi à infléchir la position de Donald Trump, s'est entrenu par téléphone avec son homologue iranien Hassan Rohani. Les deux chefs d'Etat sont «convenus de poursuivre leur travail commun (...) en vue de la mise en oeuvre continue de l'accord nucléaire et de la préservation de la stabilité régionale», a indiqué la présidence française.

«Nous allons respecter l'accord et nous ferons tout pour que l'Iran se tienne à ses obligations», a renchéri la chancelière allemande Angela Merkel au lendemain du retrait américain.

Les chefs de la diplomatie des trois pays européens signataires de l'accord (France, Allemagne, Royaume-Uni) rencontreront en début de semaine prochaine leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif, a précisé le ministre français Jean-Yves Le Drian.

«Garanties définitives»

Après Hassan Rohani, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a la haute main sur les grands dossiers du pays dont le nucléaire, a réclamé des garanties solides et «réelles» des Européens pour rester dans l'accord. «Si vous ne réussissez pas à obtenir une telle garantie définitive - et je doute réellement que vous puissiez le faire - à ce moment on ne pourra plus continuer comme ça», a-t-il lancé au gouvernement iranien.

Il a agité le spectre d'une sortie iranienne qui ruinerait définitivement l'accord. Mardi, Hassan Rohani avait déjà menacé de reprendre l'enrichissement d'uranium «sans limite» si les négociations avec les Européens ne devaient pas donner les résultats escomptés dans les «semaines à venir».

Le texte conclu en 2015 vise à faciliter les échanges commerciaux avec l'Iran et à relancer son économie. Il lève de lourdes sanctions internationales en échange d'un engagement de Téhéran à limiter ses activités nucléaires et à ne jamais chercher à obtenir la bombe atomique.

«L'accord n'est pas mort»

«L'accord n'est pas mort», a martelé Jean-Yves Le Drian en mettant en garde contre un risque de «déflagration» et de «confrontations» si Téhéran se retire du compromis de 2015 et entraîne les autres pays de la région dans une course à l'armement atomique. La Chine, autre signataire avec la Russie, a également appelé à sauvegarder l'accord, estimant qu'il «contribue à préserver la paix au Moyen-Orient».

Londres a exhorté Washington «à éviter toute action qui empêcherait les autres parties de continuer à faire que l'accord fonctionne». Il y va de «notre sécurité collective», a insisté le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, dans une allusion aux sanctions américaines.

Donald Trump a annoncé mardi le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'accord et un retour de toutes les sanctions visant les entreprises travaillant avec l'Iran, au risque de décourager tout investissement dans ce pays.

«Montrer les dents»

Les Européens vont devoir se livrer à une course contre la montre pour trouver les moyens de préserver leurs entreprises et répondre aux attentes des Iraniens. «Nous allons tout faire, en lien avec nos entreprises, pour défendre et protéger leurs intérêts et maintenir les effets incitatifs de l'accord», a assuré la présidence française.

Mais de l'aveu même de responsables européens, le défi est énorme et la marge de manoeuvre réduite. Les Européens vont devoir «mettre de côté leurs divergences» sur l'Iran et, au risque d'exacerber les tensions transatlantiques, «montrer les dents» face aux Etats-Unis pour réduire l'exposition de leurs entreprises, a déclaré à l'AFP Ellie Geranmayeh, experte à l'European Council on Foreign Relations.

La Ligue arabe a appelé pour sa part à une révision de l'accord, exprimant «l'exaspération» des pays arabes face à la «politique déstabilisatrice» de l'Iran dans la région. Israël, l'Arabie saoudite et plusieurs pays du Golfe ont salué la décision du président Donald Trump.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a répété de son côté que l'Iran remplissait ses «engagements en matière de nucléaire», conformément à l'accord signé avec les grandes puissances.

(afp/nxp)

Créé: 09.05.2018, 12h07

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