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France Euthanasie: une centenaire entame une grève de la faim

Bien qu’encore très alerte, Hélène Wuillemin ne supporte plus de souffrir. L’euthanasie étant illégale en France, elle a décidé de cesser de s’alimenter.

La centenaire se dit «bien résolue à aller jusqu’au bout».

La centenaire se dit «bien résolue à aller jusqu’au bout». Image: iStock

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Hélène Wuillemin, 100 ans, «n’a plus guère qu’un verre d’eau ou une tasse de thé dans l’estomac», relate «L’Est Républicain». La Française a entamé lundi une grève de la faim. Elle ne veut plus vivre. Et entend dénoncer les lois de son pays, qui interdisent l’euthanasie.

Née le 6 mars 1920, la centenaire vit dans un petit appartement de Laxou, en Meurthe-et-Moselle. Elle a connu la guerre et exercé de nombreux métiers: téléopératrice pour l’armée américaine, cuisinière ou femme de chambre pour les Anglais, jusqu’à institutrice et finalement directrice d’école dans le Doubs, égrène le quotidien français.

«Une vraie vie de con!»

Malgré son âge, elle reste très alerte. «Elle écume régulièrement sa boîte mail, dresse sa liste de courses elle-même sur ordi, fait ses comptes par voie informatique.». Mais pour cette ancienne militante socialiste qui ne mâche pas ses mots, c’est «une vraie vie de con!»

«Je n’entends plus guère, y vois à peine mieux, j’ai eu 5 fractures, une hanche qui ne fonctionne plus et que plus personne ne veut opérer, et un médecin incapable de remédier à mes souffrances. Je lui ai même suggéré le cannabis, mais il ne veut pas en entendre parler… Ben voyons. Et en attendant, moi je souffre», détaille Hélène Wuillemin dans «L’Est Républicain».

Refus en Suisse et en Belgique

La centenaire a monté deux dossiers pour avoir accès à une euthanasie ou un suicide assisté, un en Belgique et le second en Suisse. Tout deux ont été refusés. «Ils m’ont dit que je n’étais pas assez malade. Apparemment, j’ai le cœur encore trop bien accroché», commente-t-elle.

Elle a donc décidé de se lancer dans une grève de la faim. «J’entreprends cette démarche en toute conscience et en toute liberté. Et bien résolue à aller jusqu’au bout», affirme-t-elle. Et de s’interroger: «On ne sait jamais, ça pourrait intéresser des politiques, un député un peu courageux? Pourquoi la France est-elle si en retard sur la question?»

«Qu’est-ce que vous voulez, j’ai épuisé toutes les autres solutions», note encore Hélène Wuillemin.

R.M.

Créé: 28.05.2020, 08h47

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