Dimanche 15 décembre 2019 | Dernière mise à jour 01:39

Argentine L'ex-présidente Kirchner jugée pour corruption

Le procès de l'ancienne dirigeante argentine, accusée de malversations dans l'attribution de marchés publics, s'est ouvert mardi.

Cristina Kirchner a dirigé l'Argentine de 2007 à 2015.

Cristina Kirchner a dirigé l'Argentine de 2007 à 2015. Image: AFP

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Le premier procès pour corruption contre l'ex-présidente argentine Cristina Kirchner a débuté mardi, mais les diverses accusations de malversations qui la visent ne l'empêchent pas de faire campagne pour briguer le poste de vice-présidente.

Mme Kirchner, une avocate de 66 ans, est mise en examen dans plusieurs affaires en cours d'instruction pour blanchiment, enrichissement personnel, détournements de fonds ou pour avoir reçu des pots de vin. Nombre de ses ministres ont été placés en détention préventive dans ces différents dossiers.

La date n'a pas encore été fixée, mais elle sera jugée dans un autre procès pour blanchiment en compagnie de ses deux enfants.

Assise au 4e et dernier rang, à distance de ses co-accusés, Mme Kirchner a écouté les juges lire l'acte d'accusation. Elle est jugée pour l'attribution frauduleuse, pendant sa présidence, de marchés publics dans son fief de la province de Santa Cruz (sud).

Au palais de justice, elle n'a fait aucune déclaration mais elle avait auparavant dénoncé sur les réseaux sociaux «un acte de persécution» de la part du président de centre droit Mauricio Macri, «dont l'unique objectif est de placer une ex-présidente et opposante sur le banc des accusés, en pleine campagne électorale».

«Historique»

«C'est un procès sans précédent en Argentine pour un ex-président», a estimé le politologue Rosendo Fraga.

«C'est un jour historique. J'espère qu'elle pourra demander pardon. C'était une politique d'Etat (de corruption) et elle était la cheffe de l'association illicite. J'espère qu'on pourra récupérer l'argent volé aux Argentins», a déclaré Mariana Zuvic, ex-députée de la province de Santa Cruz.

Cristina Kirchner a annoncé samedi qu'elle renonçait à postuler à la présidence lors de l'élection du 27 octobre pour le compte de son parti Unité citoyenne (gauche). C'est un de ses lieutenants et ancien chef du gouvernement, Alberto Fernandez, qui convoitera la présidence, et elle sera candidate à la vice-présidence.

Mme Kirchner avait succédé à son mari Nestor Kirchner, président de 2003 à 2007. Il est décédé d'une crise cardiaque en 2010.

Immunité

Mardi, l'audience purement protocolaire a rassemblé trois personnages clés du clan Kirchner, qui sont cités en compagnie de Mme Kirchner dans plusieurs procédures. Il s'agit de l'homme d'affaires Lazaro Baez, dont les entreprises remportaient la plupart des appels d'offres dans la province de Santa Cruz, l'ex-ministre de la Planification (Travaux publics) Julio De Vido et son vice-ministre José Lopez.

Ce dernier avait fait la une de l'actualité en juin 2016 quand il avait été interpellé en pleine nuit, en train de dissimuler des sacs contenant 9 millions de dollars en liquide dans un couvent, près de Buenos Aires.

Tous les trois, des proches de Nestor Kirchner, sont en détention préventive et l'ex-présidente le serait également sans son immunité de sénatrice.

Le procès pour les chantiers facturés mais parfois non réalisés devait débuter en février, mais la mort d'un des juges a contraint à ce qu'il soit reprogrammé pour le 21 mai. Dans le cadre de l'instruction, les domiciles de Mme Kirchner en Patagonie et à Buenos Aires ont été perquisitionnés.

Le procès qui a débuté mardi à 12h00 (15h00 GMT), devrait durer un an, au rythme d'une audience par semaine.

D'après un de ses avocats, Gregorio Dalbon, l'accusation contre Mme Kirchner est «montée de toutes pièces».

Comme certaines personnes de l'administration Kirchner l'ont fait, l'ancienne présidente devrait se repentir et collaborer avec la justice, a déclaré un des repentis dans une autre procédure, Victor Manzanares, le comptable historique des Kirchner. «Que justice soit faite», dit-il, en pronostiquant des «condamnations».

En Amérique latine, une douzaine d'ex-présidents ou vice-présidents sont en prison, en fuite, impliqués ou destitués pour des affaires de corruption, dont le Brésilien Lula et les quatre derniers dirigeants péruviens. (ats/nxp)

Créé: 21.05.2019, 17h59

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