Lundi 14 octobre 2019 | Dernière mise à jour 03:23

Allemagne Un ex-SS négationniste est décédé

Un ancien nazi, âgé de 96 ans, qui devait rendre des comptes devant la justice est décédé de mort naturelle.

Jusqu'au bout, l'ancien SS a gardé des sympathies avec l'idéologie nazie.

Jusqu'au bout, l'ancien SS a gardé des sympathies avec l'idéologie nazie. Image: Photo d'illustration/Keystone

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Un ancien SS de 96 ans, menacé de comparaître prochainement pour avoir cautionné un massacre en France en 1944 et tenu des propos négationnistes sur l'Holocauste, vient de décéder de mort naturelle, a indiqué dimanche le parquet de Hildesheim, en Allemagne, chargé des poursuites. La procédure engagée contre lui est du coup éteinte.

Impliqué dans le massacre d'Ascq dans le nord de la France en 1944, cet ancien SS venait tout juste en juillet d'être mis en accusation par le parquet en vue d'un procès pour incitation à la haine raciale et atteinte à la mémoire des morts. Karl Münter était poursuivi pour des propos fin 2018 à la chaîne de télévision publique ARD.

Il y avait notamment assuré que le chiffre de 6 millions de juifs assassinés par les nazis était exagéré. «J'ai lu récemment quelque part que ce chiffre était faux, je n'y crois plus à tout cela», affirmait-il.

«Pourquoi devrais-je regretter?»

L'ancien SS avait aussi cautionné le massacre de 86 victimes civiles d'Ascq. Interrogé par ARD pour savoir s'il regrettait ces événements, l'intéressé, affirmant n'avoir pas directement participé à la tuerie mais avoir surveillé les personnes arrêtées, avait répondu: «Non pas du tout! Pourquoi devrais-je regretter?». «Si j'arrête des gens, je suis responsable d'eux. Et s'ils tentent de fuir, j'ai le droit de tirer sur eux», avait-il ajouté.

Ces propos avait suscité l'indignation en France notamment. Le massacre avait été commis dans la nuit du 1er au 2 avril 1944 en représailles au déraillement d'un train transportant environ 350 SS.

Peine jamais exécutée

Le procès qui devait se tenir en Allemagne, sous réserve de l'état de santé de l'accusé, était une revanche pour les descendants des victimes. Car la justice allemande avait en mars 2018 abandonné des poursuites pour son rôle direct en 1944, arguant du fait que l'intéressé avait déjà été condamné par un tribunal militaire en France en 1949 et qu'il ne pouvait être jugé une seconde fois.

Karl Münter n'a jamais vu cette peine exécutée en Allemagne. Et il a pu poursuivre sa vie comme employé de poste. Jusqu'au bout il a gardé des sympathies avec l'idéologie nazie. Selon ARD, il a participé en novembre 2018 à une réunion du parti néonazi allemand NPD en Thuringe, pour y parler en tant que «témoin de l'époque» et signer des photos de lui. Il était considéré comme un «héros» au sein de cette mouvance, selon la chaîne allemande. (ats/nxp)

Créé: 22.09.2019, 13h00

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