Jeudi 17 octobre 2019 | Dernière mise à jour 10:45

Biodiversité L'extinction des espèces s'accélère, ça inquiète

Un rapport tire la sonnette d'alarme sur la disparition rapide des espèces, qui est préjudiciable à l'avenir de l'humanité.

L'utilisation excessive des terres, la dégradation des ressources naturelles, le changement climatique et la pollution font partie des causes directes de la perte de biodiversité.
Vidéo: Keystone

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L'extinction des espèces s'accélère comme jamais auparavant dans l'histoire de l'humanité, provoquant de graves effets sur les populations humaines du monde entier.

Le rapport de l'IPBES, présenté lundi à Paris, tire la sonnette d'alarme.

Un total d'un demi à un million d'espèces sur environ huit millions sont menacées d'extinction, prévient la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) dans son premier rapport mondial sur l'état de la biodiversité et des services écosystémiques.

«Les preuves accablantes contenues dans l'évaluation globale et obtenue à partir d'un large éventail de domaines de connaissances présentent un panorama inquiétant», a déclaré le président de l'IPBES, Robert Watson.

Selon le rapport, les causes directes de la perte de biodiversité sont (en importance décroissante) l'utilisation excessive des terres et de la mer, la dégradation directe des ressources naturelles, le changement climatique, la pollution et les espèces envahissantes.

Le rapport montre de manière exhaustive comment la perte de biodiversité et de services naturels est liée aux évolutions sociétales fondamentales.

Au cours des trente dernières années, l'économie mondiale a été multipliée par sept et le commerce mondial par huit. En raison de la mondialisation de l'économie, la production et la consommation de biens sont séparées dans l'espace depuis les années 1980. En conséquence, la charge qui pèse sur la nature s'est fortement déplacée des pays industrialisés vers les pays en développement.

Un rôle pour la Suisse

«C'est pourquoi, dans ses mesures de promotion de la biodiversité et des services écosystémiques, la Suisse doit non seulement garder un oeil sur son propre territoire, mais aussi partager la responsabilité des efforts mondiaux», a déclaré Andreas Heinimann de l'Institut de géographie de l'Université de Berne, auteur d'un des chapitres du rapport.

Marc Chardonnens, directeur de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), estime aussi que «le rapport de l'IPBES montre qu'il est urgent que la Suisse et la communauté internationale agissent».

Membre de l'Institut des sciences végétales de l'Université de Berne et du Conseil d'experts de l'IPBES, Markus Fischer affirme pour sa part que le rapport arrive au bon moment et que les gouvernements peuvent utiliser les nouvelles découvertes pour formuler les nouveaux objectifs extrêmement importants en matière de biodiversité pour l'après-2020.

Appel à l'action

«En Suisse aussi, la biodiversité est en piètre état», tonne le WWF Suisse. Dans une prise de position, l'organisation de défense de l'environnement met en garde: la Confédération «doit elle aussi assumer ses responsabilités, participer activement aux négociations et faire campagne en faveur de zones protégées plus vastes lors des réunions ministérielles qui vont précéder le Sommet sur la biodiversité qui se tiendra en Chine en 2020.»

Du côté de BirdLife Suisse, son directeur Werner Müller est d'avis qu'en Suisse la perte de biodiversité est encore plus importante que dans d'autres pays: «Mais le Conseil fédéral et le Parlement n'en font pas assez ».

Pas trop tard

Selon Robert Watson, «le rapport dit qu'il n'est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial».

Le texte mentionne toute une série d'actions possibles, comme développer des visions pour une bonne qualité de vie n'impliquant pas une consommation sans cesse croissante de matériaux, ou réduire la consommation globale et les déchets en tenant compte de la croissance démographique et de la consommation par habitant.

A ce jour, le rapport de l'IPBES est l'évaluation mondiale la plus complète sur l'état de la biodiversité et des services écosystémiques.

Elaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles de 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies. (ats/nxp)

Créé: 06.05.2019, 13h08


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