Samedi 17 août 2019 | Dernière mise à jour 16:00

Canular Kate La mort de l’infirmière dupée choque le Royaume-Uni

Toute la presse britannique faisait la Une avec ce canular téléphonique d'une radio australienne qui a viré au drame après la mort d'une femme à l'hôpital où était soignée la princesse Kate enceinte.

La police au moment d'emporter le corps de l'infirmière de l'hôpital King Edouard VII.

La police au moment d'emporter le corps de l'infirmière de l'hôpital King Edouard VII. Image: Reuters

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Royaume-Uni s’est réveillé samedi "choqué et triste" après le décès vendredi de l’infirmière de l’hôpital où Kate était hospitalisée, victime du canular d’une radio de Sydney, première ombre sur le conte de fée du prince William et de Kate et sur leur enfant à naître.

Les causes de la mort de l’infirmière, présentée dès vendredi par plusieurs médias comme un suicide, ne seront pas établies avant la semaine prochaine, a indiqué la police qui attend les résultats d’analyses post-mortem.

Tous les quotidiens britanniques à l’exception du Financial Times faisaient la une sur ce décès tandis que la toile regorgeait de critiques à l’encontre des auteurs australiens de la blague téléphonique.

Mère de famille

Le Times précise que Jacintha Saldanha était âgée de 46 ans et la mère de deux enfants, un fils de 16 ans et une fille "jeune adolescente". Selon le journal, elle a été retrouvée dans le logement réservé aux infirmières de l’hôpital. Originaire de la région de Mangalore en Inde, elle vivait à Bristol avec sa famille depuis 2003.

Elle avait reçu mardi matin vers 5H30 l’appel de deux présentateurs de 2Day FM, une radio australienne, qui contactaient l’hôpital pour s’enquérir de l’état de santé de Kate, soignée depuis la veille pour des nausées sévères de début de grossesse, en se faisant passer pour la reine et le prince Charles.

Abusée par le subterfuge, l’infirmière leur avait passé une collègue du service où se trouvait l’épouse du prince William, qui leur avait donné des nouvelles de la jeune femme.

Le canular encore diffusé

Le Daily Telegraph souligne que la radio australienne, qui a décidé de suspendre d’antenne "jusqu’à nouvel ordre" les deux présentateurs, "continuait de diffuser son canular plusieurs heures après la mort de Mme Saldanha".

Il ajoute que la licence de 2Day FM avait été mise sous surveillance pour cinq ans après avoir été épinglée à deux reprises par l’organisme de contrôle australien pour des "violations graves" des règles. La radio a toutefois souligné samedi n’avoir "rien fait d’illégal".

Le Daily Mirror souligne en une "la souffrance de Kate après le suicide de l’infirmière leurrée au téléphone", comme les autres tabloïds qui insistent particulièrement sur le choc ressenti par l’épouse enceinte du prince William. Le correspondant royal du Mirror craint ainsi que l’enfant royal "soit toujours associé à cet affreux événement".

"Si Kate doit retourner à l’hôpital King Edouard VII, où il est peu probable qu’elle accouche, ce souvenir douloureux reviendra hanter" la duchesse de Cambridge, écrit-il.

Souvenir de Diana

Le tabloïd cite également l’ancien garde du corps de la princesse Diana, la mère de William, qui précise qu’un protocole est prévu pour parer à ce genre de canular et qu’il n’a visiblement pas été expliqué au personnel de l’hôpital.

The Independent invitait, lui, ses lecteurs à une mise en perspective de cette affaire avant "d’utiliser cette tragédie comme un moyen de dénoncer la presse en affirmant que c’est une nouvelle preuve de son irresponsabilité et de sa cruauté".

"Les gens font des blagues en permanence. Parfois elles se retournent contre eux. D’autres fois, les conséquences sont disproportionnées", écrit le rédacteur en chef Chris Blackhurst ajoutant: "je ne peux pas excuser" les présentateurs australiens mais "il faut prendre un peu de recul" sur cette "tragédie".

Après le scandale des seins nus

Cette intrusion dans la vie privée de William et Kate, même si elle n’est pas le fait de paparazzis en quête de scoops, intervient après le scandale, à l’automne, de la publication dans un magazine people français de photos volées montrant la jeune femme seins nus, lors de vacances en Provence.

Ce nouveau couac médiatique, perpétré comme le précédent par un média étranger, ne devrait qu’inviter le prince William, toujours traumatisé par la manière dont sa mère a été pourchassée par des paparazzis des années durant, a encore plus de réserve.

Quant à la presse britannique, elle-même dans la tourmente après le scandale des écoutes téléphoniques et le rapport de la commission Leveson appelant à la création d’un organe de contrôle de la presse, elle a choisi en majorité de présenter le couple royal comme une victime de ses confrères étrangers. (afp/nxp)

Créé: 08.12.2012, 11h13

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.