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France Un ancien suspect refait surface au procès Heaulme

Au deuxième jour du procès de Francis Heaulme pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz, la cour d'assises de Moselle a entamé mardi l'audition d'un témoin susceptible de faire basculer l'audience.

Surnommé le «routard du crime» et déjà condamné pour neuf meurtres, Francis Heaulme, 55 ans, se dit innocent.

Surnommé le «routard du crime» et déjà condamné pour neuf meurtres, Francis Heaulme, 55 ans, se dit innocent. Image: AFP

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Si les témoignages de ce nouveau suspect étaient jugés crédibles, la Cour pourrait décider un report du procès.

La Cour a décidé de convoquer Henri Leclaire - qui avait été blanchi par l'enquête - de manière anticipée, dès mardi matin, après que deux nouveaux témoins ont rapporté, plus de 27 ans après les faits, des éléments troublants qui pourraient l'impliquer.

Cet homme trapu âgé aujourd'hui de 65 ans s'était accusé, lors d'une garde à vue en décembre 1986, du double meurtre d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, 8 ans, massacrés à coups de pierre, quelques mois plus tôt, le 28 septembre, au bord d'une voie ferrée à Montigny-les-Metz. Mais il s'était ensuite rétracté. Ce mardi, Henri Leclaire, qui se dit innocent, a d'emblée affirmé à la cour qu'il ne connaissait pas Francis Heaulme.

«Je ne l'ai jamais vu. Je n'en avais jamais entendu parler» à l'époque des faits, a-t-il assuré.

Empêtré dans les déclarations

Il avait l'habitude de faire des rondes le week-end, pour vérifier que des enfants ne jouaient pas dans les bennes de son employeur.

A la barre, il a affirmé qu'il n'était pas passé faire sa ronde le dimanche du crime, alors qu'il avait dit le contraire lors d'une audition précédente. «J'y étais pas, M. le président», lance-t-il, les mains jointes et les doigts noués durant sa déposition. «On ne vous accuse de rien. On vous demande de dire ce que vous avez fait ce jour-là», explique le président Gabriel Steffanus, à quoi Henri Leclaire finit par répondre qu'il ne s'en «rappelle plus».

S'empêtrant dans ses déclarations, il va jusqu'à affirmer qu'il ne connaissait pas Ginette Beckrich, la grand-mère du petit Alexandre, pourtant employée comme femme de ménage chez son père.Francis Heaulme, lui, a suivi les débats affaissé dans son box, le regard souvent ailleurs, le menton posé sur la main, fixant parfois avec insistance le témoin, en esquissant un fin rictus.

Peu avant l'audience, un autre témoin, Christine Blindauer, clerc dans le cabinet d'avocat de son mari, a expliqué à la presse comment Henri Leclaire lui avait raconté, il y a deux ans, qu'il «s'en était pris» aux enfants, tout en assurant ne pas les avoir tués. «J'avais l'impression qu'il revivait la scène, qu'il était en transe», a-t-elle déclaré. Elle doit être entendue après Henri Leclaire.

Auditions chamboulées

La Cour doit également écouter le témoignage d'un ancien conducteur de train qui se souvient aujourd'hui avoir vu un homme ensanglanté - qui ressemblerait, selon lui à 90%, à Henri Leclaire - courir le long des voies ferrées au moment du double meurtre.

Ce dossier a valu à un autre suspect, Patrick Dils, deux condamnations et 15 ans de prison, avant qu'il ne soit acquitté en 2002.

Les nouveaux témoignages de dernière minute ont conduit la Cour à chambouler le programme des auditions. Et un report du procès n'est pas exclu, selon Me Thierry Moser, avocat du père d'Alexandre, «si la Cour a le sentiment que Henri Leclaire pourrait être impliqué».

Entendu comme témoin assisté lors de l'enquête, Henri Leclaire a été blanchi il y a un an, au moment où Francis Heaulme était lui renvoyé devant les assises après avoir bénéficié d'un premier non lieu en 2007.

Visage ensanglanté

Surnommé le «routard du crime» et déjà condamné pour neuf meurtres, Francis Heaulme, 55 ans, se dit innocent. Pourtant le dossier comporte des éléments troublants à son encontre. L'accusé a reconnu devant les enquêteurs avoir aperçu les deux petits garçons vivants, puis morts.

Et deux témoins disent l'avoir vu, le visage ensanglanté, peu de temps après le meurtre, à quelques kilomètres du lieu du crime. Les enquêteurs ont par ailleurs conclu que cette affaire portait sa «quasi-signature criminelle». Mais alors que les scellés ont été détruits ou perdus depuis longtemps, le procès repose essentiellement sur les témoignages. (afp/nxp)

Créé: 01.04.2014, 10h52


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