Lundi 6 juillet 2020 | Dernière mise à jour 22:28

Sous-marin danois Peter Madsen étale ses passions morbides

Dans le procès pour le meurtre présumé de la journaliste suédoise Kim Wall, la cour a visionné plusieurs films violents retrouvés dans l'ordinateur de l'inventeur danois.

Le tribunal de Copenhague doit juger le meurtrier présumé de Kim Wall.

Le tribunal de Copenhague doit juger le meurtrier présumé de Kim Wall. Image: Keystone

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Vidéos de femmes décapitées ou empalées, recherches internet sur la découpe de cadavres, fascination pour les vampires: le procès de l'inventeur danois Peter Madsen a repris mercredi à Copenhague avec l'insoutenable exposé des passions morbides de l'accusé. Il est jugé pour le meurtre présumé de la journaliste suédoise Kim Wall.

Jugé depuis le 8 mars pour le meurtre de Kim Wall venue l'interviewer le 10 août 2017 dans son sous-marin, Peter Madsen, 47 ans, a affirmé à l'ouverture de son procès que la jeune femme avait succombé à des gaz toxiques libérés lors d'une soudaine dépressurisation de l'habitacle.

Arrêté le 11 août alors que son sous-marin était en train de sombrer - sabordé par lui-même selon l'accusation - Peter Madsen a reconnu à l'audience avoir décapité, démembré et jeté en mer le corps de la journaliste après sa mort accidentelle. Il nie l'avoir violentée, agressée sexuellement et tuée intentionnellement comme le croit le parquet.

Pour le moment, ni ses explications, changeantes, ni l'autopsie, n'ont permis de déterminer la cause et les circonstances du décès. Mais selon le parquet, Kim Wall a été ligotée, battue, puis étranglée ou égorgée. Le mode opératoire n'est pas prouvé mais concorde avec les conclusions de l'autopsie et est surtout compatible, selon l'accusation, avec le profil de l'accusé.

Vidéos violentes

La cour a visionné mercredi plusieurs films violents retrouvés sur le disque dur de l'ordinateur de Peter Madsen: des vidéos, dont deux dessins animés, montraient des femmes égorgées, empalées et décapitées. Des textes sur des femmes empalées ont aussi été retrouvés.

M. Madsen, à qui il arrive de filmer ses ébats avec une caméra GoPro, a refusé de les regarder lors de leur diffusion. La défense fait valoir que le disque dur était également accessible au personnel de l'atelier de Madsen.

Une certaine A., photographe, décrite par Madsen comme ayant un attrait pour les images sexuelles violentes, l'aurait notamment emprunté. Des vidéos de décapitation, il reconnaît pourtant en avoir visionné. «J'ai cherché ce genre de choses pour des raisons émotionnelles et non pour des raisons érotiques», avance-t-il.

SMS troublant

Le procureur l'interroge sur un SMS troublant envoyé à une femme, le 4 août: «Je vais te ligoter et t'empaler avec un pic à brochettes». Là encore, Peter Madsen esquive, prétexte un jeu.

Alors le représentant du ministère public insiste, rappelant que quelques heures avant de rencontrer Kim Wall, il avait effectué des recherches sur la Toile avec les mots clés «femme» et «décapitation». «Une coïncidence», rétorque l'accusé.

Peter Madsen doit à nouveau témoigner le 28 mars, afin d'évoquer la soirée du 10 août, durant laquelle Kim Wall est morte. Le verdict est attendu le 25 avril. Le parquet a requis la prison à vie. (afp/nxp)

Créé: 21.03.2018, 14h41

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