Mercredi 23 octobre 2019 | Dernière mise à jour 00:23

Bénin Fin des manifestations violentes à Cotonou

Après deux jours de violentes manifestations post-électorales, qui ont fait deux morts, le calme est revenu au Bénin.

Des violences ont éclaté mercredi après midi, peu après l'annonce des résultats provisoires des élections de dimanche.

Des violences ont éclaté mercredi après midi, peu après l'annonce des résultats provisoires des élections de dimanche. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le calme était revenu au Bénin jeudi soir pendant que la Cour Constitutionnelle donnait les résultats définitifs des élections législatives. Depuis deux jours, de violentes manifestations post-électorales ont éclaté. Au moins deux personnes sont mortes.

«Le taux de participation (...) est de 27,1%», a déclaré jeudi soir Joseph Djogbenou, le président de la Cour Constitutionnelle. Les irrégularités et perturbations constatées pendant le vote ne sont cependant pas de nature à compromettre la validité et la transparence du scrutin, a ajouté ce proche du président Patrice Talon.

Des violences ont éclaté mercredi après midi, peu après l'annonce des résultats provisoires des élections de dimanche. L'opposition n'avait pas été autorisée à présenter de candidats et le taux d'abstention a atteint des sommets. Deux anciens chefs de l'Etat, Boni Yayi (2006-2016) et Nicephore Soglo (1991-1996), avaient appelé le président Patrice Talon à annuler ce scrutin, qu'ils qualifient de «coup d'Etat électoral».

Rafales de tirs

Dès mercredi après-midi, des centaines de manifestants se sont réunis autour du domicile de Boni Yayi à Cotonou, craignant que des policiers ne l'arrêtent. Des violences ont éclaté dans la soirée et une femme est morte des suites de ses blessures jeudi matin à l'hôpital de Cotonou.

Dans le nord du Bénin, à Kandi, un jeune homme a également été abattu par des tirs de l'armée mercredi soir. Dans cette localité, des manifestants ont mis le feu à l'usine de coton, un secteur dans lequel le président Talon a fait fortune avant de se lancer en politique et dont la société contrôle désormais la totalité de la production dans le pays.

Jeudi, les violences ont repris dès la matinée et après des heures de face-à-face, les forces de l'ordre ont délogé par des tirs d'armes automatiques des centaines d'opposants dans le centre de Cotonou. L'armée et la police «ont fait une incursion brutale», a témoigné à l'AFP un proche de l'ex-président présent sur les lieux avec lui, qui a dénombré au moins trois morts.

Le ministre de l'Intérieur a reconnu sur Radio France Internationale (RFI) qu'il y avait eu «quelques actes contraires à la consigne». «Les sanctions les plus dures seront prises à l'endroit des forces de l'ordre qui sont passées outre», a assuré Sacca Lafia. Toutefois, quelques heures plus tard, l'armée et la police ont tiré des rafales en direction des manifestants.

«Attenter à la stabilité de l'Etat»

Après la séance de conseil des ministres jeudi après-midi, le gouvernement béninois a tenu à souligner «le professionnalisme» des Forces de Défense et de Sécurité dans le maintien de «l'ordre public». «Les meneurs du mouvement ont clairement affiché leur intention d'attenter à la stabilité de l'Etat», a accusé le gouvernement dans un communiqué.

D'importants contingents de la police et de l'armée étaient toujours postés dans la capitale économique jeudi soir et bloquaient les accès autour de la résidence de l'ancien chef de l'Etat. Les Nations unies ont dit «suivre de près la situation au Bénin».

«Nous notons avec inquiétude les tensions et les troubles qui ont abouti à des destructions de propriétés et à une réponse lourde des forces de sécurité», a-t-il déclaré devant la presse, appelant les deux parties «au calme».

Le Bénin a voté dimanche pour élire ses 83 députés, parmi les candidats de deux partis proches du pouvoir. Le président Talon est accusé d'opérer un tournant autoritaire dans son pays, jusqu'alors un modèle de la démocratie en Afrique de l'Ouest. Amnesty International et de nombreuses associations locales de la société civile béninoise ont dénoncé les coupures d'internet ainsi qu'un «niveau de répression alarmant» au Bénin. (ats/nxp)

Créé: 02.05.2019, 23h34

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.