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Moyen-Orient Cette fois-ci, Trump frappera-t-il l'Iran?

Après des attaques de drones visant l'Arabie saoudite, le président américain fait face à un dilemme dans le dossier iranien.

Des frappes américaines «aggraveraient la situation», prévient le chef d'Amnesty

«Il est temps de stopper l'effusion de sang», a lancé Kumi Naidoo, à la tête depuis un an de l'organisation de défense des droits humains. «Parler d'une intervention militaire en ce moment ne ferait qu'aggraver une situation déjà mauvaise», a-t-il ajouté.

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Donald Trump optera-t-il pour l'option militaire face à l'Iran? En juin, il avait renoncé à la dernière minute. Après des attaques de drones visant l'Arabie saoudite, il fait face à l'une des décisions les plus importantes de sa présidence.

Une nouvelle fois, le dirigeant républicain est confronté au dilemme qui traverse son mandat: sa détermination à projeter - tweets guerriers à l'appui - l'image d'un président fort, et sa volonté, maintes fois répétée en campagne, de tourner la page de l'implication militaire américaine au Moyen-Orient, trop coûteuse à ses yeux.

Il y a trois mois, il avait renoncé, «10 minutes avant la frappe», pour, selon ses dires, éviter une décision disproportionnée après l'attaque visant un drone dans laquelle aucun Américain n'avait perdu la vie. Dimanche, il a lancé d'un tweet que les Etats-Unis étaient «prêts à riposter».

Le chaud et le froid

Lundi, lors d'un long échange avec les journalistes dans le Bureau ovale, il a soufflé le chaud et le froid: «Je ne cherche pas à m'impliquer dans de nouveaux conflits, mais parfois, il le faut».

La question de la responsabilité de Téhéran dans l'attaque qui a provoqué des incendies dans deux installations pétrolières du groupe Aramco est pour l'heure au coeur des débats. Ce week-end, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a ouvertement montré du doigt l'Iran, Téhéran dénonçant des propos «insensés».

Plus prudent que son chef de la diplomatie, le président américain a de son côté semblé vouloir prendre son temps. «Nous avons de nombreuses options mais je n'en suis pas là. Nous voulons savoir avec certitude qui est responsable», a-t-il martelé.

Signaux contradictoires

Le locataire de la Maison Blanche envoie des signaux contradictoires sur le dossier iranien, suscitant des interrogations sur sa stratégie sur ce dossier sensible. Ses atermoiements sur un éventuel face-à-face avec son homologue iranien Hassan Rohani la semaine prochaine à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU sont, à cet égard, révélateurs.

Tout au long de la semaine passée, il a alimenté l'idée d'une telle rencontre, laissant même entendre qu'une levée partielle des sanctions réclamée par Téhéran n'était plus taboue. Dimanche, d'un tweet, revirement spectaculaire: «Les Fake News disent que je suis prêt à une rencontre avec l'Iran sans conditions. C'est inexact (comme toujours!)». Or, les déclarations récentes de ses plus proches collaborateurs sont en contradiction frontale. «Le président l'a dit clairement, il est prêt à une rencontre sans conditions préalables», a répété il y a quelques jours le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

«Pas d'objectifs clairs sur l'Iran»

«Nous avons non seulement le flou de la guerre au Moyen-Orient concernant les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, mais aussi le flou de la politique étrangère concernant les Etats-Unis», s'alarme Richard Haass, président du Council on Foreign Relations. «Le président accuse l'Iran sans preuves, dément être prêt à des discussions sans conditions et n'a toujours pas d'objectifs clairs sur l'Iran», déplore-t-il.

Après des mois de vives tensions entre Washington et Téhéran, Donald Trump passera-t-il à l'acte au risque que l'escalade verbale laisse place à une escalade militaire? A l'inverse, décidera-t-il, après avoir de nouveau eu recours aux propos menaçants dont il est coutumier, de choisir la voie de la diplomatie, quelques jours après le départ de son conseiller John Bolton connu pour ses positions va-t-en-guerre? L'équation est compliquée pour le milliardaire républicain qui a toujours moqué l'indécision de son prédécesseur démocrate.

A plusieurs reprises, Donald Trump a affirmé que «le désastre syrien» serait terminé si Barack Obama avait fait respecter, en 2013, la ligne rouge qu'il avait lui-même tracée. Après avoir annoncé que les Etats-Unis étaient prêts à frapper des cibles du régime syrien après une attaque à l'arme chimique, il avait, à la stupeur générale, fait machine arrière.

Pour Ben Rhodes, ancien proche conseiller de Barack Obama, la séquence des dernières 48 heures montre d'abord que la stratégie de Donald Trump sur l'Iran - retrait de l'accord sur le nucléaire, «chèque en blanc aux Saoudiens pour leur guerre au Yémen» et «empilements de sanctions et de menaces» - est un échec. «La politique catastrophique de Trump nous a placés, de manière prévisible, au bord d'une guerre encore plus vaste», a-t-il déploré dans un tweet, mettant en garde contre une intervention militaire américaine aux conséquences imprévisibles.

(afp/nxp)

Créé: 16.09.2019, 23h53


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