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Canada Fumer du cannabis oui, mais pas partout

Les adeptes de marijuana qui se réjouissaient de sa légalisation ce mercredi vont vite déchanter. De sévères restrictions visent l'usage du tabac dans les lieux publics et les locations.

Victoire en demi-teinte pour les fumeurs de cannabis au Canada.

Victoire en demi-teinte pour les fumeurs de cannabis au Canada. Image: Joaquin Sarmiento/AFP

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De sévères restrictions visent l'usage du tabac dans les lieux publics au Canada. Elles risquent de doucher l'enthousiasme des amateurs de cannabis qui pourront consommer cette drogue douce en toute légalité à partir de mercredi, mais qui se demandent où ils pourront fumer leur joint.

L'usage récréatif du cannabis devient légal au Canada le 17 octobre et, à l'approche de cette date, diverses institutions, propriétaires d'immeubles, écoles etc..., ont commencé à prendre des mesures pour faire en sorte que les amateurs de marijuana ne puissent en fumer dans leurs locaux.

«La majorité des propriétaires ne veulent pas de marijuana dans leurs immeubles», à cause de sa forte odeur caractéristique et pour des raisons de santé, souligne Dorothy Church de Condo Management Group, le plus important gérant d'immeubles à Ottawa.

«L'idée que l'on pourra acheter un produit sans pouvoir l'utiliser si l'on n'est pas propriétaire de sa maison ou de son appartement est ridicule», s'indigne Shawn MacAleese, un activiste pro-cannabis. Environ 4,5 millions de foyers, soit environ 32% des 16 millions de foyers canadiens, louent leur logement.

Démonisation

La Société canadienne du cancer a récemment félicité les écoles et universités de fournir aux étudiants «un environnement sain», en notant dans un rapport qu'environ 65% des quelque 260 campus d'universités et de collèges ont interdit de fumer ou de vapoter du cannabis.

Au Canada, outre les lieux publics, la fumée est interdite à proximité immédiate (à moins de neuf mètres) des entrées de bars ou restaurants, des immeubles d'habitation et de bureaux et même dans certains parcs.

«Le cannabis va devenir légal mais en tant que société nous continuons à le démoniser», juge la conseillère municipale et ancienne sociologue Jyoti Gondek dans une interview téléphonique.

Cafés spécialisés

Pour Mme Gondek, un assouplissement de la réglementation anti-fumeurs pour permettre l'ouverture de cafés spécialisés dans la consommation du cannabis serait la meilleure solution. Mais elle estime qu'il n'y a pas de volonté politique pour une telle solution.

Shawn MacAleese plaide aussi pour des «espaces de consommation». «Si on ne peut consommer de cannabis dans un établissement spécialisé du style bar ou café, pas chez soi à moins d'être propriétaire et pas davantage en public, qu'est-ce qu'on est censés faire une fois que le cannabis sera enfin devenu légal?», s'interroge-t-il. (ats/nxp)

Créé: 15.10.2018, 10h36

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