Mercredi 17 octobre 2018 | Dernière mise à jour 17:05

Canada Une fusillade fait 4 morts, dont 2 policiers

Frédéricton, la capitale du Nouveau-Brunswick dans l'est du Canada, est touchée par une fusillade dont le bilan provisoire est de quatre morts. Un suspect a été arrêté.

Vidéo: DR/ Twitter

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Quatre personnes, dont deux policiers, ont été tuées vendredi et un suspect a été arrêté après une fusillade dans la ville de Fredericton dans l'est du Canada. Cet incident intervient au moment où le pays s'inquiète d'un regain des violences par armes à feu.

Le suspect est un homme de 48 ans résidant à Fredericton, a indiqué un porte-parole de la police lors d'un point de presse en début d'après-midi. Il s'est refusé à livrer tout autre détail sur les motivations de l'auteur présumé des coups de feu en raison de l'enquête en cours.

L'homme a été arrêté dans son appartement peu après la fusillade, a ajouté le porte-parole de la police, Martin Gaudet. Les policiers avaient été dépêchés sur les lieux, un petit immeuble d'un quartier résidentiel du nord de la ville, suite à un appel vers 07h10 locales (12h10 suisses).

Hommage de Trudeau

Arrivés sur place, ils ont trouvé deux personnes mortes gisant sur le sol. «C'est à ce moment qu'on leur a tiré dessus», a expliqué le porte-parole, sans autre détail. Un témoin, réveillé par des coups de feu, avait indiqué aux télévisions locales qu'il avait vu de sa fenêtre un homme tirant depuis son appartement.

«Je n'ai pas vu le tireur mais simplement le canon de son arme», a-t-il raconté. Il dit avoir voulu aider les policiers gisant au sol, avant d'être mis à l'abri par d'autres policiers arrivés en renfort.

La police de Fredericton a révélé l'identité de ses deux officiers tués, Lawrence Robert Costello et Sara Mae Helen Burns. Un peu plus tôt, le porte-parole la police avait indiqué qu'il s'agissait d'un homme de 45 ans, marié et père de quatre enfants, et d'une femme de 43 ans, mère de trois enfants.

Les deux autres victimes sont un homme et une femme adultes, s'est contenté de dire M. Gaudet. Il n'a pas précisé si la fusillade avait aussi fait des blessés, en dehors du tireur.

Le quartier de Brookside, proche du centre de cette ville de 60'000 habitants, capitale de la province du Nouveau-Brunswick, avait été bouclé pendant plusieurs heures après la fusillade. Le périmètre de sécurité a été levé en milieu de matinée.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a immédiatement réagi à cette «terrible» fusillade, présentant ses condoléances aux familles des victimes et saluant le courage des deux policiers. «Nous n'oublierons jamais les deux policiers décédés, dont le sacrifice a sans aucun doute sauvé des vies et empêché une tragédie encore plus grave», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Deuxième fusillade en trois semaines

Le Nouveau-Brunswick, dans le sud-est du pays, avait déjà connu une fusillade meurtrière en juin 2014. Trois policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) avaient été abattus en pleine rue à Moncton, principale ville de la province. L'assassin a été condamné à 75 ans de prison, la plus dure sentence imposée à une personne reconnue coupable dans les annales récentes au Canada.

Plus récemment, dans la soirée du 22 juillet, un homme avait ouvert le feu dans une artère animée de Toronto, tuant une jeune fille de 18 ans et blessant 13 autres personnes. La fusillade avait été revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) mais la police a affirmé n'avoir aucune preuve permettant d'étayer cette revendication.

Cette succession de fusillades risque de relancer le débat sur le contrôle des armes à feu au Canada. En mars, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a durci les conditions pour posséder des armes à feu avec l'augmentation des crimes violents, mais sans s'engager à recréer un système national rendant obligatoire l'enregistrement de toutes les armes.

Hausse des violences par armes à feu

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, interrogé par les médias, a reconnu que «les violences par armes à feu ont augmenté depuis cinq ans». Le renforcement de la législation «vise spécifiquement cet objectif, améliorer notre loi sur les armes et débloquer de nouveaux investissements pour aider les provinces et les municipalités à y faire face», a-t-il ajouté.

L'institut officiel de la statistique a récemment conforté les défenseurs du contrôle des armes en publiant des chiffres qui montrent une hausse de la criminalité pour une troisième année consécutive dans le pays en 2017, avec une augmentation de 7% du taux d'homicides, pour un total de 660.

En outre, selon Statistique Canada, 7700 Canadiens ont été victimes d'un crime violent en 2017 impliquant une arme à feu, poursuivant la tendance à la hausse amorcée en 2013. (afp/nxp)

Créé: 10.08.2018, 16h24

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