Dimanche 20 octobre 2019 | Dernière mise à jour 15:31

France Garde à vue de l'anesthésiste prolongée

La garde à vue de l'anesthésiste de Besançon a été prolongée pour 24 heures. L'homme est suspecté d'avoir commis des actes médicaux inappropriés.

Depuis mardi matin, un anesthésiste français est auditionné.

Depuis mardi matin, un anesthésiste français est auditionné. Image: Photo d'illustration/AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La garde à vue de l'anesthésiste de Besançon, Frédéric P., mis en examen en 2017 pour sept empoisonnements et interrogé sur une cinquantaine d'autres incidents médicaux suspects, a été prolongée mercredi pour 24 heures supplémentaires, a annoncé le parquet à l'AFP.

«Le parquet a prolongé pour un second délai de 24 heures la garde à vue de Frédéric P.», interrogé depuis mardi matin dans les locaux de la police judiciaire de Besançon, a déclaré le procureur de la République, Etienne Manteaux.

L'interrogatoire du docteur P., qui s'achèvera au plus tard jeudi à 9 heures selon Etienne Manteaux, s'inscrit dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte à l'époque de sa mise en examen, intervenue en mars 2017. Elle porte sur une cinquantaine de signalements d'«événements indésirables graves» (EIG) survenus dans des cliniques où l'anesthésiste exerçait, selon une source proche du dossier.

Certains de ces EIG pourraient dissimuler des «faits d'empoisonnement potentiels», a-t-on précisé de même source.

Il nie les faits

Pour Me Randall Schwerdorffer, l'un des avocat du médecin, on est toutefois «très en-dessous d'une cinquantaine de cas» suspects. Son client, a-t-il déclaré mardi soir à l'AFP, «collabore à la procédure d'enquête préliminaire» et «est toujours sur la même ligne de défense qui consiste à dire qu'il n'a jamais été impliqué de près ou de loin dans un empoisonnement».

Mis en examen en 2017 pour sept empoisonnements, ce praticien réputé avait été laissé en liberté en dépit des charges qui pesaient sur lui. Clamant son innocence, il avait toutefois été placé sous contrôle judiciaire, avec une interdiction d'exercer.

Les sept cas sont ceux de patients âgés de 37 à 53 ans qui avaient subi, entre 2008 et 2017, des interventions chirurgicales ne présentant pas de difficultés particulières. Ils avaient pourtant fait des arrêts cardiaques, deux étant décédés et les cinq autres ayant pu être ranimés.

«Pompier pyromane»

Le docteur P., qui n'était pas en charge de ces patients, avait été appelé pour secourir certains. L'enquête a établi que des doses potentiellement létales de potassium et d'anesthésiques avaient été administrées volontairement, provoquant les arrêts cardiaques.

Les soupçons des enquêteurs se sont portés sur cet anesthésiste qui exerçait dans les deux établissements où les incidents se sont produits.

Privilégiant la thèse du «pompier pyromane», les enquêteurs le soupçonnent d'avoir sciemment modifié les poches d'injection de confrères, afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur. (ats/nxp)

Créé: 15.05.2019, 09h10


Sondage

Elections fédérales: allez-vous voter?



Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.