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France Les «gilets jaunes» ciblent toujours les autoroutes

Les «gilets jaunes» poursuivent leurs opérations de blocage sur les autoroutes et les dépôts pétroliers. Les autorités françaises dénoncent leurs «dérives».

«Dérive totale»

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé mardi la «dérive totale» du mouvement des «gilets jaunes», en pointant une «radicalisation» et un «très très grand nombre de blessés», mardi matin 20 novembre 2018 sur France 2.

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Le mouvement des «gilets jaunes» se durcit

Le mouvement des «gilets jaunes» se durcit Né le 18 octobre 2018, le mouvement protestait contre la hausse des prix du carburant annoncé par le gouvernement qui, depuis, a reculé. Mais il représente une colère sociale plus large.

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Les «gilets jaunes» ciblent toujours mardi autoroutes et dépôts pétroliers que les forces de l'ordre s'emploient à débloquer, au quatrième jour d'un mouvement accusé par le gouvernement de «dérive».

«On a une dérive totale d'une manifestation qui pour l'essentiel était bon enfant samedi», a déclaré mardi sur France 2 le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, pointant une «radicalisation» et «un très très grand nombre de blessés».

Son collègue à l'Économie Bruno Le Maire a lui aussi dénoncé «un certain nombre de dérives dans ces manifestations, homophobes, racistes», avec «de la violence». Il a également évoqué «une déchirure territoriale», assurant que «la vraie réponse (était) l'emploi pour tous» et non de baisser le prix des carburants «d'un ou deux centimes».

À Langueux (Côtes-d'Armor), les forces de l'ordre sont intervenues dans la nuit pour déloger d'un centre commercial «des hommes qui avaient des barres de fer et des cocktails molotov», a indiqué M. Castaner.

En Haute-Savoie, un pneu enflammé a été posé contre une pompe à essence d'une station-service, mais l'incendie a été rapidement maîtrisé, selon la gendarmerie. Depuis le début samedi de cette mobilisation contre la hausse des prix du carburant, les manifestations ont fait un mort, quelque 530 blessés, dont 17 graves.

Dépôts de carburants débloqués

Lundi, environ 27'000 personnes avaient participé à ce mouvement qui se veut apolitique et asyndical, selon le comptage du ministère de l'Intérieur. Elles étaient 290.000 samedi.

Voulant afficher leur fermeté, les autorités ont appelé les manifestants à respecter la liberté de circulation et prévenu que les forces de l'ordre allaient débloquer «méthodiquement» les dépôts pétroliers et les sites sensibles.

Deux dépôts de carburants ont été débloqués lundi soir et «d'autres le seront ce matin», a indiqué le ministre de l'Intérieur.

Ainsi, les dépôts de Lucciana (Haute-Corse), Frontignan (Hérault), Cournon d'Auvergne (Puy-de-Dôme) et Vern-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine) ont été débloqués dans la matinée. Les accès aux dépôts de Lespinasse (Haute-Garonne), de Fos-sur-Mer et Lavera (Bouches-du-Rhône) étaient eux sur le point d'être libérés par les CRS, selon les journalistes de l'AFP.

Plusieurs barrages sur des axes routiers ont également été évacués, notamment à Caen où les forces de l'ordre ont eu recours à des gaz lacrymogènes, dans la ville voisine de Lisieux (Calvados), où une centaine de camions étaient bloqués, et sur l'A16 à Calais.

C'est ce jour-là que, selon Le Parisien, quatre hommes - mis en examen et placés en détention provisoire samedi dans le cadre d'une enquête antiterroriste - ont envisagé de mener une attaque terroriste dans le pays, en profitant de la mobilisation des forces de l'ordre sur les rassemblements des «gilets jaunes».

Lundi, alors que de nombreux points de rassemblements, péages, stations-service, entrées des autoroutes ou centres commerciaux, avaient été évacués dans la matinée par les autorités, certains «gilets jaunes» ont réinvesti les lieux dans l'après-midi, notamment au Pont d'Aquitaine, à Bordeaux. «On a été chassés dimanche... On est revenus, on se refait chasser (lundi) mais c'est pas grave, on tiendra bon, on va encore revenir à la charge», assurait un manifestant.

A Vern-sur-Seiche près de Rennes, environ 150 «gilets jaunes» bloquaient un rond-point près d'un dépôt de carburant. «Nous allons rester toute la nuit ici et évacuer les lieux demain matin pour aller sur un autre point d'action», a indiqué Erwan, chaudronnier soudeur.

Vers 23h, les autoroutes A7, A8, A9, A10, A20, A28, A61, A62 et A71 connaissaient encore des perturbations ou des blocages et certains tronçons étaient fermés à la circulation après décision préfectorale, a indiqué Vinci Autoroutes dans un point de situation diffusé dans la nuit.

Plusieurs dépôts pétroliers sont par ailleurs désormais ciblés, notamment à Port-la-Nouvelle (Aude), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), Frontignan (Hérault), Portes-lès-Valence (Drôme) et Valenciennes (Nord). En Corse, le blocage du dépôt de Lucciana a entraîné une ruée des automobilistes dans les stations-services de la région bastiaise, qu'il approvisionne.

Des organisations patronales ont mis en garde contre «un blocage de l'économie». Le chef de l'État Emmanuel Macron a déclaré à Bruxelles qu'il répondrait au mouvement «en temps voulu», arguant qu'il ne s'exprimait pas de l'étranger sur l'actualité française.

La veille, le Premier ministre Edouard Philippe a dit avoir entendu la «colère» et la «souffrance» des manifestants. Mais il a maintenu «le cap» de la politique économique du gouvernement, notamment sa volonté de taxer davantage la pollution.

Le mouvement, lancé sur les réseaux sociaux et qui n'a pas de leader connu, est soutenu par près des trois quarts des Français, selon plusieurs sondages. D'abord concentrés sur la hausse du prix des carburants, les motifs de griefs se sont ensuite élargis à une dénonciation plus globale en matière de taxation et de baisse du pouvoir d'achat. Les opérations se sont poursuivies dans toutes les régions avec des «opérations escargot» ou des barrages filtrants.

Nouveaux accidents

En région Paca, quelque 680 tonnes de clémentines corses n'avaient pas pu être livrées et la récolte s'en trouvait suspendue «jusqu'à nouvel ordre» sur l'île de Beauté, selon Simon-Pierre Fazi, président de l'AOP Fruits de Corse. A Lisieux, les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour déloger près de 150 «gilets jaunes» qui bloquaient 200 poids lourds, selon la préfecture.

La journée a été marquée par de nouveaux accidents. A Calais, un routier a tenté de forcer le passage d'un barrage, avant d'être pris en chasse par un motard de la police, qui a ensuite heurté une voiture. Un autre motard a été grièvement blessé par un automobiliste paniqué à l'approche d'un blocage à Colombelles, a tweeté la préfecture du Calvados. Dans la Drôme, un motard qui avait pris la route à contresens avant l'arrivée d'un camion était entre la vie et la mort.

(afp/nxp)

Créé: 20.11.2018, 00h37

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