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France La manif des «gilets jaunes» vire au chaos

Le 2e rassemblement des «gilets jaunes» a été marqué par des échauffourées avec les forces de l'ordre, samedi à Paris.

Toulouse: des journalistes portent plainte pour violences

Trois journalistes de C-News et BFM-TV ont porté plainte samedi pour «violences aggravées» et «tentative d'agression en réunion» sur la place du Capitole à Toulouse où s'achevait une manifestation des «gilets jaunes», a-t-on appris auprès des intéressés. «Je suivais la manifestation au Capitole et je me suis fait courser», a raconté à l'AFP le journaliste de BFM-TV Jean-Wilfrid Forquès, qui a porté plainte avec son collègue reporter d'images Maxime Sounillac pour «tentative d'agression en réunion». Sous l'injonction de deux gardes de sécurité qui l'accompagnent depuis une semaine, le journaliste de 53 ans a dû courir pour échapper à ses assaillants. Le reporter de CNews a raconté à l'AFP avoir reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille d'eau en plein visage, avant d'être «coursé» dans une rue adjacente, sans toutefois être blessé. Il a déclaré avoir porté plainte pour «violences aggravées lors d'une manifestation sur la voie publique». Les deux circonstances aggravantes sont selon lui: l'exercice de son métier de journaliste et d'une mission de service public.

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Le mouvement des «gilets jaunes» se durcit

Le mouvement des «gilets jaunes» se durcit Né le 18 octobre 2018, le mouvement protestait contre la hausse des prix du carburant annoncé par le gouvernement qui, depuis, a reculé. Mais il représente une colère sociale plus large.

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Un «acte 2» moins mobilisateur au niveau national, mais avec des incidents violents à Paris : la manifestation des «gilets jaunes» samedi sur les Champs-Elysées a donné lieu à des échauffourées et des interpellations. Des violences condamnées par Emmanuel Macron.

Le président a exprimé sa «honte» face à ces incidents, dénonçant ceux qui ont «agressé» les forces de l'ordre et «violenté d'autres citoyens».

La journée a aussi été marquée par une passe d'armes politique, le gouvernement imputant les violences à des «séditieux» de «l'ultradroite» qui répondraient «à l'appel de Marine Le Pen». Les partis d'opposition, à droite comme à gauche, ont répliqué, lui reprochant de vouloir réduire le mouvement aux violences et de rester sourd aux revendications des manifestants.

Plus de 100'000 manifestants

Exactement 106'301 «gilets jaunes» ont été recensés samedi à 17h00 dans toute la France, dont 8000 à Paris, contre 282'710 au total samedi dernier à la même heure, a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. A la mi-journée il avait souligné le «fort affaiblissement de la mobilisation».

Il y a eu au total 130 personnes placées en garde à vue, dont 42 à Paris, a-t-il ajouté. «Les dégâts sont faibles, ils sont matériels, c'est l'essentiel», a déclaré M. Castaner au sujet des Champs-Elysées. Des commerces ont été dégradés, selon la préfecture. Au niveau national, le ministre a noté «deux types de manifestants»: ceux, en province qui se sont mobilisés dans une ambiance «bon enfant» et ceux ayant commis des «actes graves» à Paris, mais aussi à Villefranche-sur-Saône, où des violences ont eu lieu.

Il s'agissait de la deuxième grande journée de mobilisation des «gilets jaunes» contre la hausse des prix du carburant, les taxes et la baisse du pouvoir d'achat, une semaine après le début du mouvement.

24 blessés à Paris

A Paris, vers 20H30, la préfecture de Police dénombrait 24 blessés, dont 5 dans les forces de l'ordre. L'un d'eux, un policier a été brûlé à l'aine. C'est sur l'avenue des Champs-Elysées, dont une partie était interdite de rassemblement par les autorités, que les incidents ont été les plus marquants.

Dans la matinée, à l'appel des leaders informels de cette mobilisation, qui se revendique «populaire» et «apolitique», les manifestants, originaires de région parisienne ou de province, avaient convergé tranquillement vers le haut de la célèbre avenue, le bas de celle-ci (la Concorde et l'Elysée) étant protégé par un important dispositif de sécurité.

Quand la foule a tenté de pénétrer dans ce périmètre, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et repoussé les «gilets jaunes» avec des canons à eau. La situation s'est alors tendue: barricades de barrières (de chantier) dressées par des manifestants, jets de projectiles et de pavés par des petits groupes, feux tricolores arrachés, panneaux de signalisations couchés, échauffourées...

Les incidents n'ont ensuite plus cessé sur les Champs-Elysées et dans les rues adjacentes. Des pompiers sont intervenus pour éteindre des feux de barricades, qui dégageaient une épaisse fumée noire, s'ajoutant au brouillard blanc des gaz lacrymogènes.

Tension encore vive

Après 20h00, la tension restait vive sur l'avenue et dans certaines rues alentours, avec encore des petits groupes mobiles de personnes, certaines cagoulées, qui continuaient de «harceler» les forces de l'ordre ou d'incendier des barricades.

A part un noyau dur de manifestants, d'autres se voulaient plus pacifiques: «On n'est pas là pour casser du flic, on est venu pour que le gouvernement nous entende, qu'il entende son peuple. Ici on veut pas de politique, pas de syndicat. Nous dénonçons la violence des pseudo manifestants», a déclaré à l'AFP Laetitia Dewalle, 37 ans, porte parole des «gilets jaunes» à Pontoise.

Des actions étaient également menées en province, berceau de cette contestation. Ils ont ainsi manifesté à Lille, à Quimper, Angers, Bordeaux, Limoges, Rochefort. A d'autres endroits, ils étaient mobilisés sur des barrages filtrants, des opérations escargots (Orly par exemple), des opérations sur des axes routiers, notamment auprès de péages (opérations «péages gratuits») ou des zones commerciales. De fortes perturbations ont été notées par exemple à hauteur de Villefranche-sur-Saône (Rhône), entraînant la déviation du trafic sur l'autoroute A6 du nord de Lyon jusqu'à Mâcon.

A Redon, en Ille-et-Vilaine, un automobiliste a tenté de franchir une intersection où se trouvaient des «gilets jaunes». Trois personnes ont été blessées et deux ont été prises en charge par le CHU, l'automobiliste est en garde a vue, selon la préfecture. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés dans une zone commerciale à Englos près de Lille, à Calais, à Laon (Aisne). (ats/nxp)

Créé: 24.11.2018, 09h37

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