Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 21:16

Italie Giuseppe Conte tape du poing sur la table

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, s'est dit prêt à démissionner si Matteo Salvini et Luigi Di Maio n'arrivent pas à s'entendre.

Image: Keystone

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Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a adressé un ultimatum aux partis de la majorité, la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite) et le Mouvement Cinq Etoiles de Luigi Di Maio (M5S, antisystème). Il a menacé de démissionner si les polémiques ne cessent pas.

«Je demande à chacune des deux forces politiques de faire un choix et de me dire si elles ont l'intention d'encore honorer le contrat de gouvernement», a-t-il déclaré lundi au cours d'une conférence de presse solennelle à Rome.

Faute de quoi, «je remettrai simplement mon mandat», a-t-il ajouté. «Je demande une réponse claire, sans équivoque, et aussi rapide, si vous me le permettez», a-t-il insisté, tout en refusant de fixer un délai.

Rapport de force renversé

Constitué il y a un an, le gouvernement d'union Ligue/M5S, déjà handicapé par les profondes différences entre les deux alliés, tangue depuis les élections européennes du 26 mai, qui ont renversé le rapport de force.

Le M5S, qui avait obtenu 32,5% des voix aux législatives de mars 2018, a sombré à 17%, tandis que M. Salvini est passé de 17 à 34% et entend désormais dicter l'agenda, en particulier face aux menaces de sanctions européennes devant la détérioration des comptes publics italiens.

Ce dernier a réagi sur les réseaux sociaux avant même la fin de la conférence de presse de M. Conte : «Nous sommes prêts, nous voulons aller de l'avant et nous n'avons pas de temps à perdre, la Ligue répond présente».

Mais il a aussi rappelé le score historique de la Ligue aux européennes et dressé la liste des prochaines mesures à prendre : la «flat tax» (taux d'imposition unique), un nouveau tour de vis sécuritaire et antimigrants, l'autonomie réclamée par les riches régions du nord, la révision des traités européens, la fin de la politique d'austérité et l'ouverture de «tous les chantiers à l'arrêt».

Un peu plus tard, M. Di Maio a lui aussi choisi Facebook : «Nous sommes loyaux, nous voulons nous mettre tout de suite au travail (...) Avançons avec loyauté et cohérence, nous devons encore changer tant de choses».

Mais il a aussi insisté sur le fait qu'au Parlement italien, le M5S était «la première force de la majorité». Et il a dressé une liste de priorités légèrement divergente : «flat tax», salaire minimum et aides aux familles.

«Collaboration loyale»

M. Conte a pour sa part réclamé «une collaboration loyale» de tous ses ministres, sans exception, exigeant que les questions politiques soient évoquées «avec le chef du gouvernement» et pas ailleurs.

«Si nous continuons les polémiques par voie de presse et les bons mots sur les réseaux sociaux, nous ne pouvons pas continuer à travailler», a-t-il insisté.

«Nous sommes appelés à dessiner l'avenir du pays, ce qui est autre chose que de faire plaisir aux foules sur les places publiques ou de récolter des likes » sur les réseaux sociaux, a-t-il lancé.

Cette dernière attaque semblait surtout viser M. Salvini, en campagne électorale permanente, qu'il mène tambour battant dans le monde virtuel et dans le réel : comme à son habitude, le ministre de l'Intérieur avait quatre réunions électorales à son agenda lundi et encore six mardi.

Même si M. Conte a longuement évoqué les mesures décidées par son gouvernement, celles en cours et celles à venir, l'opposition a accueilli son discours comme le signe de la fin prochaine du «gouvernement du changement».

Bruxelles en toile de fond

«Conte a reconnu la paralysie, le désastre et l'échec de son gouvernement», a estimé Nicola Zingaretti, qui dirige le Parti démocrate (PD, centre gauche).

«Il est clair pour tous les Italiens que cette expérience de gouvernement est arrivée à son terme», a quant à lui assuré l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi (droite).

Giuseppe Conte a en particulier rappelé son pays à ses obligations financières, alors que M. Salvini martèle qu'il se montrera «le plus têtu» face à la Commission européenne, qui risque d'ouvrir mercredi «une procédure pour déficit excessif».

La revue à la baisse de prévisions de croissance déjà moroses devrait empêcher l'Italie, qui ploie déjà sous une dette publique à 132,2% du PIB, de tenir ses engagements en matière de déficit budgétaire.

Et pour financer cette dette, ce pays ne peut pas se permettre de perdre la confiance des marchés financiers, a rappelé M. Conte lundi. (ats/nxp)

Créé: 03.06.2019, 22h05

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