Samedi 30 mai 2020 | Dernière mise à jour 17:50

Brésil Des snipers contre les malfrats au Brésil

La nouvelle équipe dirigeante au Brésil veut déployer les grands moyens pour lutter contre la criminalité.

Image: Archives/Photo d'illustration/AFP

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Le futur ministre de la défense du président d'extrême droite Jair Bolsonaro a approuvé mercredi l'idée du recours à des snipers des forces de sécurité pour endiguer la criminalité armée au Brésil.

«C'est une réaction nécessaire au port ostensible d'armes de guerre à Rio, en particulier par des jeunes», a déclaré le général de réserve Augusto Heleno, futur ministre de la Défense, à la Radio Nacional, a propos de la proposition de tireurs embusqués. «Il ne s'agit pas de tuer de manière indiscriminée. Il faut des critières bien établis», a-t-il poursuivi. «Les policiers de Rio sont très courageux (...) mais ils ont besoin d'un autre type d'appui», a ajouté le général Heleno, en référence aux opérations dans les favelas où règnent les bandes de narcotrafiquants lourdement armés.

Quelques heures plus tôt, le gouverneur élu de Rio Wilson Witzel, de la mouvance d'extrême droite, avait provoqué un tollé en annonçant qu'il comptait déployer des snipers pour abattre les criminels armés, même s'ils ne représentaient pas une menace pour des policiers.

Wilson Witzel, ancien juge fédéral âgé de 50 ans, fait partie des gouverneurs ayant surfé sur la vague Bolsonaro pour être élus lors des élections générales brésiliennes, adoptant une ligne très dure contre la criminalité.

Le président brésilien élu propose notamment de faciliter l'accès aux armes pour que «les gens bien» assurent leur autodéfense et de donner une «protection juridique» aux policiers faisant usage de leurs armes en service.

«Si vous avez cinq criminels qui tirent en direction d'un policier, ils devraient tous être abattus», a déclaré Wilson Witzel mardi soir lors d'un entretien à la chaîne Globonews. Lorsqu'on lui a demandé si son plan prévoyait aussi de tirer dans le dos des suspects, il a ajouté : «L'arme au poing ? Il (le criminel) représente une menace. Il va utiliser cette arme pour attaquer quiconque se trouvera en face de lui», a-t-il ajouté.

Spirale de violences

La violence est un fléau pour les 208 millions de Brésiliens : elle a fait l'an dernier le nombre record de 63'880 morts et, en sept ans, plus de tués que la guerre en Syrie. Après des jeux Olympiques très réussis en 2016, Rio de Janeiro a été confronté ces dernières années à une spirale de violence alimentée par de grandes difficultés budgétaires et la corruption.

Ces débordements ont forcé en février le gouvernement fédéral à confier à l'armée le commandement des forces de sécurité de l'Etat de Rio de Janeiro, le deuxième plus riche du pays.

Au Brésil, la police a déjà la gâchette facile et ne rend guère de comptes non plus, comme l'a déploré Amnesty International : elle a tué l'an dernier 5144 personnes lors d'opérations, un chiffre en hausse de 20%.

Pour les militants des droits de l'homme, les annonces de Wilson Witzel sont illégales. «Donner l'autorisation de tuer automatiquement toute personne qui pourrait être armée alors qu'il n'y a pas de menace imminente contre la vie d'autrui est un affront au droit brésilien et international», a réagi l'ONG Amnesty International. «Cela n'aboutirait qu'à une escalade de la violence et mettrait en danger la vie de centaines de milliers de personnes, y compris celle des policiers eux-mêmes», a ajouté l'organisation. (ats/nxp)

Créé: 31.10.2018, 21h43

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