Lundi 22 octobre 2018 | Dernière mise à jour 04:15

Londres «La plus grande insulte jamais faite à un président»

Les opposants au président américain ont mis les rieurs de leur côté avec leur «Trump Baby» gonflé et colérique. Le moqué et ses partisans n’ont pas du tout apprécié.

Le «Trump Baby», six mètres de haut, a volé vendredi durant deux heures dans le ciel londonien.

Le «Trump Baby», six mètres de haut, a volé vendredi durant deux heures dans le ciel londonien. Image: AFP PHOTO / Tolga AKMEN

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Médiatiquement, la rencontre sous haute tension vendredi matin en Grande-Bretagne entre Theresa May et Donald Trump a accouché d’un grand vainqueur. Mais ce n’est ni la première ministre britannique ni le président américain. Il s’agit clairement du double gonflé et juvénile du républicain: «Trump Baby». De nombreux médias anglo-saxons ont couvert en direct les moindres «faits et gestes» de l’immense baudruche: son gonflage, son élévation, son vol de deux heures à Londres, près du Parlement, son atterrissage. Le tout porté par des milliers de manifestants scandant que Trump n’était pas le bienvenu.

Rendu possible par un financement participatif rondement mené – plus de 40 000 francs récoltés –, porté par un important rejet du président américain et de sa politique, le Trump Baby est un indéniable succès. Visuellement, il est d’une efficacité redoutable. Boursouflure orangée et colérique de 6 m de haut, le bébé Trump a un smartphone collé à une main minuscule, histoire de pouvoir dégainer un tweet rageur à tout moment. Comble du ridicule: on lui a collé une couche-culotte…

«Un ego trop gonflé»

«Nous voyons chez Trump un ego trop gonflé. Quand les choses ne se passent pas comme il veut, il jette ses jouets hors de son landau», a balancé une des membres du Nona Hurkmans group, petit collectif à la base du projet.

«Il ne s’agit pas seulement de se moquer de lui. Mais aussi d’attirer l’attention sur ses politiques fascistes», a enchaîné Sheila Menon, une autre membre. Et de lister la politique d’immigration de Trump, les interdictions d’entrée sur le territoire américain ou les reculs dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Bébé Trump a atteint sa première cible: le président lui-même. «Je suppose que lorsqu’ils sortent des dirigeables pour me faire sentir que je ne suis pas le bienvenu, je n’ai pas de raison d’aller à Londres», a-t-il lâché, visiblement touché, dans une interview publiée hier par le «Sun».

«La plus grande insulte»

Mais le chiard gonflé a fait mieux encore: il s’est imposé dans le débat et a engendré une controverse nourrie et féroce en Grande-Bretagne. «C’est la plus grande insulte jamais faite à un président américain en exercice», a tonné l’eurosceptique fondateur de l’UKIP Nigel Farage. «On a besoin d’un bon accord économique avec les États-Unis. Mais l’image donnée au monde est celle de Trump dans des couches», a pesté l’influent journaliste Piers Morgan.

Dans l’autre camp, on trouve un adversaire de longue date du président: le maire de Londres Sadiq Khan. C’est lui qui a finalement autorisé le vol du bébé furibard, estimant que même si un leader mondial peut «trouver désagréable d’être ridiculisé», le droit à manifester pacifiquement prime.

L’éditorialiste du «Guardian» Owen Jones, proche de la gauche, s’est lui réjoui de l’initiative qui prive Donald Trump d’une victoire médiatique. «Au lieu de cela, des images seront diffusées à travers le monde de milliers de citoyens de l’allié le plus proche de l’Amérique ridiculisant l’homme le plus puissant de la Terre, accompagné d’un ballon géant du président dans une couche.» Et de conclure qu’il s’agit en somme de la réponse du berger à la bergère, Trump ayant pour habitude de «ridiculiser et diaboliser quiconque ose le défier».

Comble du malheur pour Donald Trump, les parents de sa version aérienne ont encore des fonds. Ils projettent dorénavant de trimballer leur bébé volant partout où se rend le président, «pour le hanter»… (Le Matin)

Créé: 14.07.2018, 19h31

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