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France Guéant et des ex-proches de Sarkozy renvoyés en justice

Ils devront répondre dans l'affaire des sondages de l'Élysée sous le quinquennat de l'ancien Président de la République qui n'est, lui, pas inquiété.

Claude Guéant a été secrétaire général de l'Elysée.

Claude Guéant a été secrétaire général de l'Elysée. Image: Keystone

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France: les affaires de Nicolas Sarkozy

France: les affaires de Nicolas Sarkozy L'ancien chef de l'Etat français est au cente de plussieurs affaires: Liliane Bettencourt, Bygmalion, financement par la Libye de la campagne présidentielle de 2007.

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L'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, Patrick Buisson et quatre autres personnes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel dans l'affaire des sondages de l'Élysée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Dans sa décision signée mardi, le juge d'instruction Serge Tournaire a ordonné un procès pour «favoritisme» et «détournement de fonds publics par négligence» pour Claude Guéant et l'ex-directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon. Ancien conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson est pour sa part renvoyé pour «recel de favoritisme», «détournement de fonds publics» et «abus de biens sociaux», selon l'ordonnance du juge.

«Favoritisme»

Deux autres ex-collaborateurs de Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Goudard et Julien Vaulpré, sont aussi renvoyés pour «favoritisme». Le politologue Pierre Giacometti et sa société Giacometti Peron, devenue No Com, le sont pour «recel de favoritisme». L'enquête avait démarré en 2013 suite à une plainte de l'association anticorruption Anticor, après un rapport de la Cour des comptes en 2009.

Elle s'est concentrée d'une part sur des commandes passées par l'Élysée auprès d'instituts de sondages comme Ipsos, «en méconnaissance» des règles des marchés publics. De l'autre, elle s'est intéressée aux contrats noués, là aussi sans appels d'offres, avec les sociétés de Patrick Buisson (Publifact et Publi-Opinion) et de M. Giacometti.

Un grand absent: Sarkozy

Publifact et Publi-Opinion sont renvoyés pour «détournement de fonds publics» et «recel de favoritisme». Ipsos l'est uniquement pour «recel de favoritisme». «C'est une grande satisfaction que ce dossier arrive à son terme», a réagi Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor. Toutefois, «il y aura un grand absent à ce procès: grâce à une immunité présidentielle déraisonnable, Nicolas Sarkozy aura été protégé alors que c'est lui le principal instigateur», a-t-il estimé.

«C'est une décision sans surprise mais la partie sera difficile pour le tribunal sur une question inédite et très juridique: le code des marchés publics ne s'était jamais appliqué à la présidence depuis le début de la Ve République. Or si la règle n'est pas claire, le doute doit profiter aux mis en cause», a déclaré Philippe Bouchez-El Ghozi, avocat de Claude Guéant.

Plusieurs mis en examen avaient invoqué une «tradition» à l'Élysée qui aurait dispensé d'appliquer les règles de la commande publique. L'enquête a identifié 235 sondages achetés et revendus à la présidence entre 2007 et 2009 avec des marges de 65% à 70%, pour un bénéfice de quelque 1,4 million d'euros. (ats/nxp)

Créé: 29.08.2019, 17h25

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