Jeudi 2 juillet 2020 | Dernière mise à jour 20:32

Parlement européen L'heure de vérité pour Ursula von der Leyen

L'Allemande Ursula von der Leyen espère devenir la première femme à présider la Commission européenne. Elle affronte mardi les votes des eurodéputés à Strasbourg.

Ursula von der Leyen devrait remplacer Jean-Claude Juncker.

Ursula von der Leyen devrait remplacer Jean-Claude Juncker. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, Ursula von der Leyen, proche de la chancelière Angela Merkel, doit obtenir la majorité absolue au Parlement, soit 374 voix. Toute la question est de savoir si elle parviendra à faire le plein des voix dans le camp des pro-européens sans avoir besoin du soutien des eurosceptiques.

«Ça va être très difficile pour elle. C'est très compliqué d'avoir un équilibre politique prévisible» dans ce nouveau Parlement issu des élections, estime Eric Maurice, analyste à la Fondation Schuman.

Nombre d'eurodéputés ont en effet été frustrés par la façon dont elle a été désignée: après un sommet de trois jours à Bruxelles, riche en rebondissements, les dirigeants de l'UE l'ont choisie le 2 juillet, faisant fi des candidats présentés par le Parlement européen.

Opposition des socialistes allemands

Certes, le PPE, formation de droite à laquelle elle appartient et qui constitue la principale force de l'Assemblée de Strasbourg avec 182 élus, a promis qu'il voterait pour elle. Mais les socialistes (154 élus) et les libéraux-centristes de Renew Europe (108 élus), formation à laquelle appartiennent les macronistes français, ne se sont pour l'instant engagés à rien.

Ironie de l'histoire, dans le camp des sociaux-démocrates, ce sont précisément les compatriotes de Mme Von der Leyen, le SPD, partenaires de coalition du gouvernement Merkel, qui sont les plus virulents contre sa candidature.

Et ce alors que l'Allemagne n'a pas présidé la Commission depuis cinquante-deux ans – elle n'a occupé ce poste qu'une fois, au moment de sa création avec Walter Hallstein, entre 1958 et 1967.

Le SPD (16 élus au total) a d'ailleurs fait circuler un document auprès des autres sociaux-démocrates européens, expliquant pourquoi il jugeait sa candidature illégitime et inadaptée.

Promesses

Pour l'instant, rien n'est joué. Les socialistes, comme les libéraux-centristes, prendront leur décision définitive après le discours de Mme Von der Leyen, 60 ans, et ses réponses au Parlement mardi, ce qui ouvre la voie à toutes les tractations.

Les socialistes veulent avant tout que Mme Von der Leyen leur promette de poursuivre, dans la prochaine Commission, la politique sans concessions du Néerlandais Frans Timmermans, l'un des leurs, vis-à-vis des pays qui violent l'État de droit, la Hongrie et la Pologne, en ne respectant pas par exemple l'indépendance des juges.

M. Timmermans doit rester le premier vice-président de la Commission, comme s'y est engagée Mme Von der Leyen. Les libéraux-centristes, quant à eux, insistent pour que la Danoise Margrethe Vestager, leur candidate à la présidence de la Commission, ait exactement le même rang que M. Timmermans dans la nouvelle Commission.

Scénario de crise ?

Alors que les Verts (74 élus) et l'extrême gauche (GUE/NGL, 41 élus) ont d'ores et déjà exclu de voter pour Mme Von der Leyen, les eurosceptiques n'ont pas encore totalement décidé. Parmi eux, les Conservateurs et réformistes (CRE, 62 élus, auxquels participent le PiS polonais) ont promis d'être «pragmatiques» dans leur décision.

Le groupe d'extrême droite «Identité et Démocratie», qui compte 73 membres, dont 28 de la Ligue italienne, 22 du Rassemblement national (RN) et 11 Allemands de l'AfD, a jugé «peu probable» un vote en sa faveur.

Dans ce vote à bulletins secrets, il se peut que des soutiens d'eurosceptiques à Mme Von der Leyen puissent compenser des défections de pro-européens, reconnaît une source européenne.

Il y a cinq ans, le chrétien-démocrate Juncker avait été élu dans un Parlement européen pourtant beaucoup moins fragmenté qu'aujourd'hui, avec 422 voix pour et 250 contre.

Si Mme Von der Leyen avait «moins de 400 voix, ce serait très faible», estime M. Maurice, rappelant que «l'idée après les élections européennes était d'avoir un président de la Commission soutenu par les quatre principaux partis pro-européens» (PPE, socialistes, libéraux et Verts).

En cas d'échec de la ministre allemande de la Défense devant le Parlement européen, les dirigeants de l'UE devraient présenter un nouveau candidat. Un scénario de crise dont personne ne veut dans une Union déjà en proie au Brexit. (ats/nxp)

Créé: 15.07.2019, 08h02

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.