Dimanche 15 septembre 2019 | Dernière mise à jour 09:45

Crise politique «Hong Kong ne sera pas un nouveau Tian'anmen»

Alors que les troupes chinoises se massent à la frontière, le mouvement de contestation hongkongais appelle à une large mobilisation ce week-end.

Vidéo: Pourquoi la tension ne retombe pas à Hong Kong

La police de Hong Kong dit pouvoir gérer les manifs sans Pékin

La police de Hong Kong affirme disposer des ressources suffisantes pour continuer à se dresser devant les manifestants pro-démocratie, même si la violence devait s'intensifier. De quoi atténuer les craintes d'un recours à une intervention de la Chine continentale.

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Le mouvement prodémocratie hongkongais aborde un week-end crucial pour sa crédibilité. Il va à nouveau tenter de rassembler les foules après avoir été critiqué pour les violences survenues mardi à l'aéroport, sur fond de menace d'intervention chinoise.

L'ex-colonie britannique vit depuis le début de juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations quasi quotidiennes. Il s'agit du plus grand défi posé à la souveraineté de Pékin sur sa région semi-autonome et le gouvernement central a musclé son discours, assimilant au «terrorisme» les actions les plus violentes du mouvement.

Les médias publics chinois ont diffusé des images de militaires et de blindés massés à Shenzhen, ville voisine de Hong Kong. Washington a mis en garde la Chine contre une intervention qui, aux yeux des experts, serait pour Pékin désastreuse en termes d'image ou de conséquences économiques.

Pas de nouveau Tian'anmen

Le quotidien nationaliste anglophone «Global Times» a assuré vendredi qu'une éventuelle intervention armée à Hong Kong ne serait pas une répétition du carnage commis en juin 1989 à Tian'anmen par les militaires. «L'incident à Hong Kong ne sera pas une répétition de l'événement politique du 4 juin en 1989», indique le journal dans une allusion inhabituelle à la répression de Tian'anmen, sujet tabou dans le pays.

Née en juin du refus d'un projet de loi controversé autorisant les extraditions vers la Chine, la mobilisation a depuis élargi ses revendications pour demander notamment l'avènement d'un véritable suffrage universel, sur fond de crainte d'une ingérence grandissante de Pékin. Le mouvement a donné lieu à des manifestations pacifiques mais aussi à des rassemblements qui ont dégénéré en affrontements de plus en plus violents entre radicaux et forces de l'ordre.

Après être resté silencieux pendant des semaines, ce qui lui a valu d'être accusé d'être bienveillant envers le régime chinois, le président américain Donald Trump a commencé cette semaine à se dire inquiet de la tournure des événements dans l'ex-colonie britannique, sur fond de guerre commerciale avec Pékin.

Solution «en quinze minutes»

Interrogé sur les risques de répression violente, il a annoncé jeudi qu'il devait en parler «bientôt» avec son homologue chinois Xi Jinping, exhortant Pékin à «résoudre humainement le problème». Mais il a estimé que M. Xi pourrait aussi, s'il rencontrait des représentants des manifestants, «résoudre le problème rapidement», «en quinze minutes».

Les manifestants prévoient pour dimanche un rassemblement qui se veut «rationnel, non violent», afin de montrer que la mobilisation demeure populaire malgré les violences qui ont émaillé la fin de l'action à l'aéroport. Ces images ont entamé l'image d'un mouvement qui avait su se rendre très populaire et ne s'en était jusqu'alors pris qu'aux forces de l'ordre et aux institutions. L'appareil de propagande chinois a sauté sur l'occasion, les médias publics se déchaînant sur la violence des manifestants.

L'appel à manifester dimanche a été lancé par le Front civil des droits de l'homme, organisation non violente à l'origine des manifestations géantes de juin et juillet. «La marche de dimanche devrait encore rassembler un million de personnes. Le peuple hongkongais ne peut pas être battu», a déclaré sur Facebook la députée prodémocratie Claudia Mo.

Mais le risque de nouvelles échauffourées est réel. D'autres manifestants ont appelé à des rassemblements samedi à Hung Hom et To Kwa Wan, quartiers du front de mer prisés des touristes venant de Chine continentale. Ces deux manifestations n'ont pas été autorisées. Et si la police a donné son feu vert au rassemblement de dimanche dans un grand parc de l'île de Hong Kong, elle a interdit aux manifestants de défiler dans la rue. (ats/nxp)

Créé: 16.08.2019, 18h10

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