Mercredi 18 septembre 2019 | Dernière mise à jour 03:52

Paris Huit «décrocheurs» du portrait de Macron jugés

Huit écologistes sont jugés pour vols après avoir décroché des portraits d'Emmanuel Macron dans des mairies. Ils dénoncent «l'inaction climatique» du président français.

Des écologistes devant la mairie de Saint-Ouen avec le portrait d'Emmanuel Macron qu'ils viennent de décrocher du mur, le 11 septembre 2019.

Des écologistes devant la mairie de Saint-Ouen avec le portrait d'Emmanuel Macron qu'ils viennent de décrocher du mur, le 11 septembre 2019. Image: AFP

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«Un devoir moral»: huit militants écologistes, jugés mercredi à Paris pour vols après avoir décroché et emporté des portraits du président Emmanuel Macron dans des mairies, ont défendu cette action de désobéissance civile pour dénoncer «l'inaction climatique» au sommet de l'État.

Âgés de 23 à 36 ans, ils ont reconnu avoir participé à une ou plusieurs actions en février dans des mairies d'arrondissement de la capitale, dans le cadre d'une campagne du mouvement Action non-violente COP21 (ANV-COP21).

Un vidéaste d'un média associatif comparaît à leurs côtés, également pour «vol en réunion». Le 21 février, avec d'autres journalistes, il était présent à une action de décrochage «à 100% pour (la) filmer, pas y participer», a-t-il assuré à la barre.

«Mur vide»

Félix, étudiant en sciences politiques et journalisme, confirme avoir emporté un portrait, qui est toujours «en possession du groupe», indique-t-il, comme environ 130 autres dérobés par ANV-COP21 ces derniers mois, le dernier le jour même du procès, à Saint-Ouen (banlieue parisienne).

«On a décidé de décrocher le portrait du président de la République pour laisser un mur (...) aussi vide que sa politique climatique actuelle», lance Pauline, salariée d'un mouvement écologiste, Alternatiba.

Les prévenus insistent: leurs actions «à visage découvert», pacifistes et «sans dégradation» visent à «frapper les consciences». Elles sont largement relayées sur les réseaux sociaux et couvertes par les médias.

Une amende et trois relaxes

«Vous avez parfaitement conscience que votre action est illégale?», demande le représentant du ministère public à un militant, qui opine. Il a requis à l'encontre de chacun des activistes et du vidéaste - tous au casier judiciaire vierge - une amende de 1000 euros, dont la moitié avec sursis. Le vol en réunion est un délit passible de cinq ans d'emprisonnement et 75'000 euros d'amende, au maximum.

En juin, un militant «décrocheur» a été condamné dans l'est de la France à une amende ferme de 250 euros et cinq autres à une amende avec sursis. Deux semaines plus tard, trois autres ont été relaxés. (afp/nxp)

Créé: 11.09.2019, 23h31

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