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Etats-Unis Ingérence russe: Manafort plaide coupable

Paul Manafort, ancien proche de Trump, a reconnu vendredi avoir conspiré contre les Etats-Unis.

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L'ancien chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a plaidé coupable vendredi devant un juge d'association de malfaiteurs contre les Etats-Unis et d'entrave à la justice. Il a accepté de coopérer avec le procureur spécial Robert Mueller dans l'enquête russe.

Lors d'une audience vendredi à Washington, l'ancien conseiller de Donald Trump, jugé coupable en août de fraudes fiscale et bancaire, a confirmé qu'il plaiderait coupable des chefs d'accusation de conspiration contre les Etats-Unis et de conspiration d'entrave à la justice lors d'un second procès qui doit s'ouvrir la semaine prochaine. Cinq autres charges ont été abandonnées.

«Absolument aucun lien»

«Cela n'a absolument rien à voir avec le président (Trump) ou sa victorieuse campagne présidentielle de 2016», a affirmé la porte-parole de la Maison blanche, Sarah Sanders, réagissant à cet accord entre Paul Manafort et le procureur Mueller. «Cela n'a absolument aucun lien», a-t-elle ajouté.

Robert Mueller enquête depuis mai 2017 sur une éventuelle ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016 et une possible collusion entre l'équipe Trump et Moscou. Le fait que l'ancien conseiller de M. Trump ait accepté de coopérer à l'enquête est potentiellement dommageable pour le président américain à moins de deux mois des élections de mi-mandat.

Donald Trump, qui qualifie l'enquête russe de «chasse aux sorcières», nie toute collusion avec Moscou. La Russie rejette les accusations d'ingérence dans l'élection présidentielle de 2016.

Fraudes fiscale et bancaire

Sur Twitter le mois dernier, Donald Trump félicitait son ancien conseiller d'avoir refusé de passer un accord avec la justice, contrairement à l'ancien avocat personnel du président, Michael Cohen. «Contrairement à Michael Cohen, il a refusé de 'craquer' - raconter des histoires dans le but d'obtenir un accord. Tellement de respect pour cet homme courageux!» écrivait-il.

Le mois dernier, Paul Manafort a été reconnu coupable par le tribunal d'Alexandria, en Virginie, de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'accusation qui le visaient. Ce procès, s'il ne portait pas sur des faits directement liés à une possible collusion entre les membres de l'équipe de campagne Trump et des responsables russes, était le premier à découler des investigations menées depuis mai 2017 par le procureur spécial Robert Mueller.

La sélection d'un jury doit débuter lundi en vue du deuxième procès sur les deux chefs d'accusation pour lesquels Manafort a plaidé coupable.

Conspiration contre les Etats-unis

D'après les documents transmis vendredi à la justice, la charge de conspiration contre les Etats-Unis regroupe des délits de blanchiment d'argent, de fraude fiscale, de défaut d'enregistrement d'un compte bancaire à l'étranger et défaut d'enregistrement du statut de lobbyiste pour des responsables politiques pro-russes en Ukraine. A celle de conspiration d'entrave à la justice est associée celle de subornation de témoin.

Le dossier contre Paul Manafort, aujourd'hui âgé de 69 ans, porte sur les millions de dollars qu'il a gagnés pour son travail de consultant politique auprès de politiciens pro-russes en Ukraine, dont l'ex-président Viktor Ianoukovitch qu'il a conseillé lors de sa campagne électorale victorieuse en 2010.

D'après les procureurs, M. Manafort a dissimulé plus de 16 millions de dollars au fisc et a obtenu frauduleusement 20 millions de prêts bancaires. Il paraissait logique qu'il cherche à éviter un procès long et coûteux grâce à un accord de plaider-coupable.

L'ancien directeur de campagne de Trump encourt déjà huit à dix ans d'emprisonnement pour les chefs d'inculpation pour lesquels il a été reconnu coupable. Cette sentence ne devrait pas beaucoup évoluer, quelle que soit l'issue du deuxième procès.

M. Manafort a pris part à la réunion controversée organisée en 2016 à la Trump Tower entre des membres de la campagne Trump et des représentants russes. (ats/nxp)

Créé: 14.09.2018, 15h57

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