Lundi 6 juillet 2020 | Dernière mise à jour 22:28

Moyen-Orient Les USA accusés de soutenir le terrorisme

Des avions américains ont frappé dimanche soir plusieurs bases d'une faction armée pro-Iran en Irak, ce qu'ont dénoncé Téhéran et Bagdad.

Abbas Moussavi, porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, s'en est pris aux Américains.

Abbas Moussavi, porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, s'en est pris aux Américains. Image: AFP

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Au moins 25 combattants irakiens ont été tués à la frontière irako-syrienne dans des raids de représailles américains contre une faction pro-Iran. Ces attaques suscitaient lundi l'indignation en Irak.

Ces frappes ont relancé la campagne contre la présence américaine dans le pays. Elles font passer au second plan la révolte inédite, parce spontanée, contre la classe politique et son parrain iranien.

Face à la multiplication des attaques visant leurs intérêts en Irak - non revendiquées mais qui sont pour Washington le fait des factions pro-Iran -, les Etats-Unis avaient récemment promis une réponse «ferme».

Elle est intervenue dimanche soir, quand des avions US ont frappé des bases des brigades du Hezbollah, une faction pro-Iran du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires formée pour lutter contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) et désormais intégrée aux forces irakiennes.

Ces raids près d'al-Qaïm, localité irakienne frontalière de la Syrie, où les brigades du Hezbollah combattent aux côtés du régime de Bachar el-Assad, ont fait «25 morts et 51 blessés. Et le bilan pourrait encore grimper», indique lundi le Hachd.

«Soutien au terrorisme»

Pour Téhéran - grand ennemi de Washington mais, comme lui, allié de l'Irak -, ces frappes montrent le «soutien au terrorisme» des Etats-Unis.

Le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah - distinct des brigades du Hezbollah visées -, a dénoncé une «violation flagrante de la souveraineté» de l'Irak, rappelant le rôle du Hachd dans la lutte contre l'EI.

Le chef du Pentagone Mark Esper a, lui, parlé de «succès». Il a dit avoir discuté avec Donald Trump «des autres options sur la table». Une série d'attaques a visé ces deux derniers mois des intérêts américains en Irak, pays en pleine révolte contre le pouvoir et son parrain iranien, et où Washington a perdu de son influence.

Pour plusieurs d'entre elles, des sources américaines avaient pointé du doigt les brigades du Hezbollah, estimant que les pro-Iran sont désormais une menace plus importante que les cellules clandestines de l'EI.

Présence US, «une menace»

Une «menace», c'est aussi comme cela qu'une part de la classe politique irakienne décrit désormais la présence de 5200 soldats américains. La campagne, récurrente en Irak, pour bouter les Etats-Unis hors du pays, est repartie de plus belle après l'attaque américaine.

Le porte-parole militaire du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi a dénoncé «une violation de la souveraineté irakienne», tandis que les brigades du Hezbollah ont appelé à «dégager l'ennemi américain». Une autre faction pro-Iran, Assaïb Ahl al-Haq a estimé que la présence américaine est devenue «une source de menace».

Plusieurs députés ont déjà appelé à dénoncer l'accord irako-américain qui autorise la présence de troupes US dans le pays. Même les partis d'opposition, qui passent pour proches des Américains, ont dénoncé les frappes US.

Escalade

Les attaques contre des intérêts américains ou des bases des pro-Iran font aussi redouter ce contre quoi les dirigeants irakiens mettent en garde depuis des mois: que leurs deux alliés américain et iranien utilisent leur sol comme un champ de bataille.

Une grande partie de l'Irak est le théâtre d'une révolte depuis début octobre, les manifestants appelant à mettre à bas un système politique installé par les Américains dans la foulée de leur invasion en 2003 et désormais noyauté par les Iraniens.

Ce mouvement marqué par près de 460 morts et 25'000 blessés a entraîné une crise politique, dans laquelle l'Iran joue un rôle central. Depuis la démission du gouvernement irakien il y a un mois, Téhéran et ses alliés en Irak poussent pour placer un de leurs hommes au poste de Premier ministre.

Les manifestants restent mobilisés à Bagdad et paralysent toujours administrations et écoles dans la quasi-totalité des villes du Sud. Samedi et dimanche, ils ont interrompu pour la première fois la production d'un champ de pétrole du Sud. Elle a toutefois repris lundi, selon des cadres du secteur pétrolier. (ats/nxp)

Créé: 30.12.2019, 10h56

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