Jeudi 21 novembre 2019 | Dernière mise à jour 14:21

Sommet européen Juncker: «C'est une lourde erreur historique»

Divisés, les membres de l'UE ont bloqué les négociations d'adhésion de la Macédoine du Nord et de l'Albanie vendredi à Bruxelles.

Jean-Claude Juncker a déploré les divisions des 27.

Jean-Claude Juncker a déploré les divisions des 27. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'unité des Européens affichée dans le dossier du Brexit a été mise à rude épreuve dès vendredi, au deuxième jour d'un sommet. Leurs divergences sur l'élargissement de l'UE et leur futur budget à long terme sont apparues au grand jour.

«C'est une lourde erreur historique», a déploré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, après que les divisions de l'UE ont abouti, au terme de six heures difficiles de discussion, à bloquer l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie.

Une «erreur», car «une écrasante majorité» des Etats membres soutient l'ouverture de ce processus, a expliqué le président du Conseil Donald Tusk.

Réformer le processus d'adhésion

Trois pays, dont la France qui veut réformer le processus d'adhésion, sont à l'origine du blocage de cet élargissement, pourtant réclamé par les dirigeants des trois institutions européennes - Commission, Parlement et Conseil européen.

La future présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a rappelé vendredi les progrès «extraordinaires» réalisés par ces deux pays et «l'importance» que l'UE leur attache. Le sujet sera de nouveau sur la table des dirigeants, «avec le sommet de Zagreb de mai 2020», a promis M. Tusk.

Défi du budget

Invitée du sommet, Mme von der Leyen, dont l'entrée en fonction devrait être reportée d'un mois au 1er décembre en raison des difficultés à former son équipe, a présenté son programme aux 27. L'un de ses grands défis sera le budget dont elle disposera pour la mise en oeuvre de ses promesses électorales.

Vendredi, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont eu leur première discussion de fond sur le sujet, autour de la proposition préparée par la Commission sortante de «cadre financier pluriannuel» (CFP) pour la période 2021-2027.

La seule chose sur laquelle tout le monde semble d'accord, c'est que personne n'est d'accord. «La discussion a montré que nous sommes encore loin de l'unité», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à l'issue du sommet.

Dans leurs conclusions, les dirigeants invitent la présidence tournante finlandaise de l'UE «à présenter un cadre de négociation, assorti de chiffres», en préparation du prochain conseil, le 12 et 13 décembre.

Coupes possibles

Les espoirs de voir les 27 arriver à une position commune à ce sommet de fin d'année, ce qui permettrait de lancer les négociations avec le Parlement, sont minces.

Le prochain budget pluriannuel doit concilier le départ du Royaume-Uni, un contributeur net, avec de nouvelles priorités (sécurité, migration, numérique), au risque de procéder à des coupes sèches dans les politiques historiques de l'UE que sont la cohésion et l'agriculture.

Pour compenser, la Commission propose notamment de fixer les contributions pour les pays à 1,114% (à 27) du revenu national brut (RNB), contre 1,03% actuellement (à 28). Cela fait déjà grincer des dents: chez les gros contributeurs, qui devront mettre la main à la poche, mais aussi chez les bénéficiaires qui craignent de voir les aides européennes se tarir.

La présidence finlandaise a proposé comme base de discussions une fourchette située entre 1,03% et 1,08%, ce qui avait déjà provoqué une réaction hostile des Etats membres lors d'une réunion cette semaine entre ministres des Affaires étrangères.

Fin des rabais

L'absence de consensus vendredi est «normal», selon le président français Emmanuel Macron: «c'était la première discussion où nous rentrions un peu dans le détail». Il a appelé à «ne pas opposer les politiques nouvelles (...) en matière de migration, de défense, d'espace, d'intelligence artificielle (...) avec les politiques dites traditionnelles comme la politique agricole ou de cohésion».

Il a aussi défendu la fin des rabais, mécanisme inauguré par le Royaume-Uni permettant via un remboursement de diminuer la contribution d'un Etat au budget européen, alors que l'Allemagne a déjà exprimé sa volonté de garder le sien. (ats/nxp)

Créé: 18.10.2019, 20h33

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.