Mardi 18 juin 2019 | Dernière mise à jour 09:06

Corée du Nord L'ex-garde du corps de Kim Jong Il raconte l'horreur des camps

Lee Young-Guk a été emprisonné pendant cinq ans dans l'un des pires camps de travail du pays. Réfugié aujourd'hui en Corée du Sud, l'ex-garde du corps se rappelle les coups, les «squelettes ambulants» et les fosses communes.

Vidéo: CNN

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C'est un témoignage poignant qu'a livré Lee Young-Guk à CNN mardi 18 novembre. Cet homme a été le garde du corps de Kim Jong Il, le père de l'actuel dictateur nord-coréen, pendant 10 ans. Mais en 1994, il s'est fait arrêter alors qu'il tentait de fuir le pays. En punition, il a été envoyé dans l'un des pires camps de Corée du Nord, le fameux Yodok.

Après cinq ans de torture, il a fini par être libéré. Il est parvenu à quitter le pays et vit désormais dans une ferme sud-coréenne. Il y a quinze jours, il avait déjà raconté à CNN le «constant lavage de cerveau» que subissait la garde rapprochée du leader. Cette fois-ci, il raconte l'horreur des camps face à la caméra.

Des «squelettes ambulants»

Ses rares dents restantes et multiples cicatrices sur le corps témoignent de ses années perdues. «Si vous êtes un prisonnier politique, l'objectif principal de Yodok est de vous tuer», explique-t-il. Et de se rappeler son choc lorsqu'il a découvert les autres détenus, semblables à des «squelettes ambulants» à son arrivée dans le camp.

«Une fois par semaine ils exécutaient des personnes et nous forçaient à regarder. Il faut être fort mentalement», explique-t-il. Jusqu'à sa libération pour bonne conduite, Lee Young-Guk assure avoir ainsi perdu presque la moitié de son poids.

«Des lignes et des lignes de corps»

Dans son interview, l'ex-garde du corps revient sur «le jardin de fleurs à Yodok». Il s'agit là d'un euphémisme utilisé par les transfuges pour décrire les fosses communes des camps. «Celui de Yodok contient des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, des lignes et des lignes de cadavres. Les gardes nous indiquaient où les enterrer. Je devais les porter et les enfouir sous terre.»

Désormais, Lee Young Guk est éleveur de canards en Corée du Sud. Il espère qu'un jour Kim Jong-un devra répondre de ses actes devant la Cour pénale internationale.

L'entraînement de la garde rapprochée (1er témoignage de Lee Young-Guk à CNN)

(nxp)

Créé: 18.11.2014, 10h56

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