Dimanche 25 août 2019 | Dernière mise à jour 15:00

Crise migratoire L'Italie veut des centres UE dans les pays de départ

Au terme d'une semaine de tensions, Giuseppe Conte et Emmanuel Macron ont exprimé leur volonté de mieux réguler l'arrivée de migrants.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte et le président français Emmanuel Macron se sont dits vendredi à Paris favorables à ce que l'Europe se dote de centres européens dans les pays de départ des migrants voulant rejoindre l'Europe. L'objectif étant de tenter de réguler le flux d'arrivées.

Tensions diplomatiques

«Nous devons créer des centres européens dans les pays de départ» des migrants avant qu'ils ne se lancent dans la traversée de la Méditerranée, a déclaré Giuseppe Conte au cours d'une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron. Il a également souhaité des «missions de nos agences en charge de l'asile (...) de l'autre côté de la rive».

Les deux hommes se sont rencontrés à l'issue d'une semaine de fortes tensions entre Paris et Rome provoquées par la crise migratoire et l'errance du navire humanitaire Aquarius, qui a secouru plus de 600 migrants clandestins et que l'Italie et Malte ont refusé de laisser accoster.

«Il est temps de tourner la page» en matière d'immigration, a insisté M. Conte en plaidant pour la création de «centres européens dans les pays de départ pour accélérer le processus de demande d'asile». Il faut «empêcher les voyages de la mort», a ajouté le chef du gouvernement italien. M. Macron s'est dit «favorable à ce que nous renforcions nos actions pour mieux sécuriser les côtes de la Méditerranée».

«Solidarité pas au rendez-vous»

«La bonne réponse est européenne mais la réponse européenne actuelle n'est pas adaptée et la solidarité européenne actuelle, en particulier ces dernières années à l'égard de l'Italie, n'a pas été au rendez-vous», a-t-il ajouté.

Le président français a insisté sur la nécessité d'une «refonte du système dit de Dublin» qui impose au pays européen ayant enregistré pour la première fois la demande d'asile d'un migrant de l'examiner jusqu'au bout, faisant peser sur les pays d'entrée du sud de l'Europe la majeure partie de la pression migratoire. «Le système actuel ne marche pas, les systèmes de solidarité par quotas ne permettent pas d'avoir des résultats satisfaisants», a-t-il déclaré.

Ces derniers jours avaient été ponctués d'éclats de voix entre la France et l'Italie, traditionnels alliés et membres fondateurs de l'Union européenne. M. Macron avait mis le feu aux poudres mardi en critiquant durement Rome, évoquant «la part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien», une alliance entre une formation populiste, le Mouvement Cinq Etoiles, et un parti d'extrême droite, la Ligue, récemment portée au pouvoir par les électeurs.

Souffleté, le gouvernement italien avait agité la menace d'une absence de M. Conte à la rencontre de Paris, deuxième sortie internationale du tout nouveau chef de gouvernement. Finalement, les deux hommes se sont parlé par téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi, puis les deux exécutifs ont publié chacun de leur côté un communiqué identique confirmant la tenue de la réunion.

«Entente parfaite»

Après cette semaine de crispation, MM. Macron et Conte ont donc cette fois-ci scellé leur «entente parfaite», exprimant leur volonté de renforcer leur coopération sur les questions migratoires et de la réforme de la zone euro. «Il y a eu des jours un peu tumultueux mais nous avons une entente parfaite», a dit M. Conte. «Le fait même que je sois ici aujourd'hui est la réponse la plus éloquente».

Le président français a sinon aussi exprimé son soutien à la chancelière allemande Angela Merkel, menacée par un conflit avec son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer qui veut durcir la politique migratoire de l'Allemagne.

«L'Italie a un chef de gouvernement, la France a un chef d'État, l'Allemagne a aussi un chef de gouvernement. Si les pays se mettent d'accord pour décider quelque chose, c'est à ce niveau-là que cela se passe parce que ce sont celles et ceux qui sont responsables devant leur peuple et devant leur parlement», a-t-il dit. Mme Merkel joue son avenir politique à la suite d'une fronde sans précédent de l'aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale, qui réclame plus de fermeté aux frontières.

De son côté, l'Espagne a annoncé qu'elle traitera «tout à fait normalement» les 629 migrants sauvés par l'Aquarius qui doivent accoster dimanche à Valence. Madrid n'exclut donc pas d'en expulser certains, a déclaré vendredi la porte-parole du gouvernement espagnol. (ats/nxp)

Créé: 15.06.2018, 17h20

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.