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Justice L'ultime voyage de la Calypso de Cousteau?

La date limite donnée à l'Equipe Cousteau pour retirer le bateau du hangar où il est entreposé expire le jeudi 12 mars. Son sort reste incertain.

Le navire océanographique du commandant Cousteau amarré dans le port de Marseille en 1997, avant qu'il rejoigne en 2007 les chantiers navals du Finistère.

Le navire océanographique du commandant Cousteau amarré dans le port de Marseille en 1997, avant qu'il rejoigne en 2007 les chantiers navals du Finistère. Image: Archive/Reuters

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L'avenir de la Calypso, le célèbre navire océanographique du commandant Cousteau, entreposé depuis 2007 dans un hangar des chantiers Piriou, à Concarneau (Finistère), est plus qu'incertain, alors qu'expire le jeudi 12 mars le délai fixé par la justice à l'Equipe Cousteau pour retirer le navire.

Le bateau avait rejoint fin 2007 les chantiers navals pour y être rénové afin de devenir un musée à quai, ce qui aurait coûté environ un million d'euros.

Mais les travaux avaient été interrompus en 2009, en raison d'un différend entre l'Equipe Cousteau --association présidée par la seconde épouse de l'explorateur, Francine Cousteau-- et le chantier naval. L'équipe Cousteau estimait que Piriou avait commis des fautes, tandis que les chantiers faisaient valoir que son propriétaire avait changé la destination du navire, souhaitant finalement le voir naviguer à nouveau, ce qui nécessitait des travaux plus importants et coûteux, de l'ordre de huit millions d'euros.

Des indemnités à payer

Au terme d'une bataille judiciaire, la cour d'appel de Rennes a rendu le 9 décembre un arrêt obligeant l'Equipe Cousteau à déménager la Calypso d'ici le 12 mars et à payer à Piriou des indemnités à compter de septembre 2013 et ce, jusqu'au retrait du navire, ainsi que le solde de travaux dû, soit quelque 273.000 euros.

Sans nouvelles de l'association, le PDG des chantiers bretons, Pascal Piriou, a récemment fait part à la presse de son intention de saisir la justice pour obtenir l'autorisation de vendre la Calypso si elle n'était pas retirée de son hangar d'ici le 12 mars.

«Je pense qu'on peut trouver des gens fortunés pour qui le dossier serait intéressant et qui seront prêts à mettre de l'argent» pour remettre en état le navire, avait indiqué Pascal Piriou fin février. «Il y a énormément de travail, mais c'est faisable», avait-il ajouté.

Contactés mercredi par l'AFP, les chantiers bretons ont annoncé leur intention de communiquer sur ce dossier, mais pas avant vendredi.

L'association reste confiante

De son côté, l'Equipe Cousteau a fait savoir dans un courriel à l'AFP qu'elle restait «sereine et confiante» quant à l'avenir du navire, assurant sur son site son intention «d'apporter une heureuse issue à cet épisode qu'elle fera connaître dès que possible».

Une issue qui pourrait passer par le chantier du Guip, situé à Brest et spécialisé dans la restauration et la construction de bateaux en bois.

«Nous avons été contactés par l'Equipe Cousteau pour réfléchir à la sortie du bateau», a assuré à l'AFP Yann Mauffret, à la tête du chantier. «Pour l'instant, rien n'est engagé», a-t-il cependant ajouté, se montrant rassurant sur l'état du bateau alors que, depuis le port de Concarneau, l'on ne peut qu'apercevoir le squelette de la proue du navire, son nez et sa passerelle reposant à coté.

«On a l'impression qu'il ne reste plus qu'un squelette, mais il reste quand même une structure qui a une certaine rigidité permettant un transport», a souligné le charpentier de marine.

Un bateau fameux

Estimant qu'au «niveau mondial, c'est peut-être le seul bateau français connu», il a dit ne pas «imaginer que ça s'arrête là». Un sentiment partagé par Pascale Bladier-Chassaigne, déléguée générale de la Fondation du Patrimoine maritime et fluvial, qui a décerné en 2012 le label Bateau d'intérêt patrimonial (BIP) à la Calypso.

«Ce serait bien, bien malheureux s'il ne devait pas y avoir de repreneur» pour la Calypso, a-t-elle estimé, jugeant nécessaire de «développer le mécénat et d'accentuer les efforts des entreprises vis-à-vis du patrimoine», alors que celui-ci «véhicule tellement de valeurs».

L'ancien dragueur de mines d'une quarantaine de mètres construit en 1942 aux Etats-Unis, avait fait naufrage à Singapour en janvier 1996, un an avant le décès du commandant Jacques-Yves Cousteau.

Celui qui dénonçait inlassablement «un pillage, un viol honteux des mers, né d'une conception erronée du progrès», avait sillonné à partir de 1950 et pendant plus de 40 ans à bord du navire les océans du globe pour réaliser des films sur les fonds marins, qui ont fait le tour du monde. (afp/nxp)

Créé: 12.03.2015, 08h06

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