Dimanche 25 août 2019 | Dernière mise à jour 19:50

Accord La Macédoine tient son nom

Athènes et Skopje ont conclu un accord pour régler leur querelle. L'ex-République yougoslave de Macédoine sera rebaptisée «République de Macédoine du Nord».

Le premier ministre grec Alexis Tsipras quitte le palais présidentiel macédonien le 12 juin 2018.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras quitte le palais présidentiel macédonien le 12 juin 2018. Image: AFP

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«Nos voisins sont convenus de rebaptiser leur pays République de Severna Makedonija, c'est à dire en grec République de Macédoine du Nord », a précisé Alexis Tsipras dans une adresse télévisée.

Ce nouveau nom «opère une claire distinction entre la Macédoine grecque», du nom d'une province septentrionale du pays «et celle de nos voisins du nord», s'est félicité le chef du gouvernement, y voyant un coup d'arrêt définitif à tout «irrédentisme» de Skopje.

Il s'agit «d'une grande victoire diplomatique et d'une grande occasion historique» pour la région, «ouvrant une fenêtre d'amitié, de coopération et de co-développement» s'est-il prévalu, dans un message adressé manifestement avant tout à son opinion publique, où les oppositions à un accord restent exacerbées.

Alexis Tsipras a précisé que cet accord devra déboucher sur une révision effective de la Constitution du pays voisin actant les changements convenus pour que la Grèce lève in fine ses réserves à l'entrée de l'Etat voisin dans l'UE et l'Otan.

Dans un premier temps, l'accord «devra être ratifié par le Parlement» macédonien pour que la Grèce «soutienne l'ouverture de négociations d'adhésion de la Macédoine du Nord avec l'UE lors du prochain sommet européen» de fin juin et «l'envoi par le sommet de l'Otan», mi-juillet «d'une invitation à l'entrée dans l'Alliance», a-t-il détaillé.

Si le gouvernement macédonien échoue à opérer cette révision constitutionnelle, qui suppose une majorité qualifiée dont il ne dispose pas dans l'immédiat, «l'invitation de l'Otan est annulée et les négociations avec l'UE ne bougent pas», a-t-il insisté.

«Citoyens de Macédoine du Nord»

Les voisins du nord seront désignés sur leurs documents de voyage comme «Macédoniens-citoyens de Macédoine du Nord», a-t-il précisé.

La Grèce, s'est-il prévalu, a aussi obtenu que ses voisins «renoncent à revendiquer toute relation avec la culture grecque antique de Macédoine», incarnée par Alexandre le Grand, sur l'héritage duquel les Grecs revendiquent l'exclusivité.

L'accord stipule notamment que la langue du pays voisin, si elle continuera à porter le nom de macédonien, «appartient à la famille des langues slaves du sud», a ajouté M. Tsipras.

Le rival conservateur de M. Tsipras, Kyriakos Mitsotakis, a pour sa part dénoncé un «mauvais accord», déniant au Premier ministre la «légitimité d'engager le pays». «L'acceptation de la langue et de la nationalité macédonienne constituent un recul national non acceptable», a-t-il ajouté.

L'allié gouvernemental souverainiste de Alexis Tsipras, le ministre de la Défense Panos Kammenos, avait aussi réaffirmé dans la matinée son opposition à un compromis, sans toutefois menacer directement le Premier ministre, qui a le soutien d'une partie de l'opposition de centre-gauche. (afp/nxp)

Créé: 12.06.2018, 21h21

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