Lundi 14 octobre 2019 | Dernière mise à jour 22:08

Droit La monogamie devient la règle en Guinée

Le code civil guinéen a été modifié pour normaliser la monogamie. La polygamie ne sera autorisée que si l'épouse donne son accord.

La polygamie fait partie des pratiques courantes en Guinée.

La polygamie fait partie des pratiques courantes en Guinée. Image: Keystone

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Le Parlement de Guinée a modifié le code civil pour faire de la monogamie le régime général du mariage, sauf en cas «d'accord explicite» de la première épouse, prenant le contre-pied d'un texte voté fin 2018 légalisant la polygamie mais qu'avait rejeté le président Alpha Condé.

Voté jeudi en séance plénière, le nouveau texte faisait samedi l'objet de critiques dans les médias guinéens, tant la polygamie fait partie des pratiques courantes, y compris au sein de la classe dirigeante, dans ce pays d'Afrique de l'Ouest très majoritairement musulman.

De très nombreux hommes y ont plusieurs femmes, mais les deuxièmes, troisièmes ou quatrièmes épouses ne jouissent pas des mêmes droits que les femmes épousées en premier, notamment en matière d'autorité parentale ou de succession.

Une résolution largement acceptée

En décembre, les députés avaient largement adopté un nouvel code civil, dont l'article 281 affirmait que «le mariage peut être conclu soit sous le régime de la monogamie, soit sous le régime de la polygamie limitée à quatre femmes».

Le texte disait aussi que «faute pour l'homme de souscrire à l'une des options», «le mariage est présumé être placé sous le régime de la polygamie», laissant donc le dernier mot à l'époux.

Mais le président Alpha Condé n'avait «pas apprécié» le vote de cette loi, selon ses services, et renvoyé le texte au parlement.

En seconde lecture, 71 des 73 députés présents ont voté en faveur d'une nouvelle version de l'article 281, qui affirme à présent que «le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens».

Toutefois, «le futur mari peut, au moment de la célébration du mariage, en présence de sa future épouse et avec l'accord explicite de celle-ci, déclarer qu'il opte pour la polygamie limitée à deux, trois ou quatre femmes au maximum», selon un texte qui fait écho à la situation au Sénégal voisin. A défaut, «le mariage est placé de manière irrévocable sous le régime de la monogamie». (afp/nxp)

Créé: 11.05.2019, 19h59

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