Dimanche 22 septembre 2019 | Dernière mise à jour 13:20

Hong Kong La rue hostile à toute extradition vers la Chine

Les habitants de Hong Kong ont manifesté leur opposition à un projet de loi qui les rapprocherait juridiquement de Pékin. Mais le gouvernement maintient le texte.

Les heurts ont éclaté peu après minuit.
Vidéo: AFP

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Le gouvernement pro-Pékin de Hong Kong a annoncé lundi qu'il ne comptait pas retirer un projet de loi très controversé qui permettra les extraditions vers la Chine. La veille une manifestation monstre s'était employée à dénoncer ce texte.

«C'est une loi très importante qui va permettre de faire triompher la justice et assurera que Hong Kong respecte ses obligations internationales en matière de criminalité transfrontalière et transnationale», a déclaré aux journalistes la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam.

Les autorités hongkongaises tentent de faire adopter un texte très controversé qui doit permettre les extraditions vers toutes les juridictions avec lesquelles aucun accord bilatéral n'existe, y compris la Chine continentale.

Provenant de toutes les couches de la société hongkongaise, une mer de manifestants vêtus de blanc a bravé dimanche la chaleur dans une longue procession au coeur de l'ex-colonie britannique avec un mot d'ordre: défendre l'identité unique de leur territoire face aux ingérences de Pékin.

Levée de boucliers

Ce projet de loi a suscité une levée de boucliers de toute une partie de la société hongkongaise qui dénonce le caractère opaque et politisé de la justice chinoise. Dimanche, une impressionnante foule a manifesté dans les rues de l'ex-colonie britannique en dépit de la moiteur subtropicale étouffante. Les organisateurs ont revendiqué un million de manifestants, la police en a décompté 240'000, ce qui en ferait la deuxième manifestation la plus importante depuis la rétrocession en 1997.

Cette marche, avec sa mobilisation exceptionnelle, a constitué un énorme défi à Mme Lam, qui n'est pas élue mais nommée. Mais, dans sa première prise de parole depuis cette manifestation, la cheffe de l'exécutif a dit ne pas projeter de modifier la substance du texte, et encore moins de le retirer. «L'examen en seconde lecture du projet de loi reprendra le 12 juin», a-t-elle dit.

Elle a rejeté les affirmations selon lesquelles elle ne tiendrait pas compte de l'opinion publique, en soulignant que son gouvernement avait déjà fait de nombreuses concessions pour assurer que les libertés uniques de Hong Kong soient protégées et que le texte soit conforme aux exigences internationales en matière de protection des droits de l'Homme. «Mon équipe et moi n'avons pas ignoré les opinions exprimées au sujet de ce texte de loi très important», a-t-elle dit à la presse. «Nous avons écouté avec beaucoup d'attention.»

Semi-autonomie

«Le projet de loi, s'il est voté, brouillera totalement la frontière entre Hong Kong et la Chine continentale», estimait dans la foule de manifestants Ryan Leung. «Cela détruirait totalement les libertés que nous avons toujours eues, et l'Etat de droit dont nous sommes si fiers.»

Au terme de l'accord de 1984 entre Londres et Pékin qui a présidé à sa rétrocession en 1997, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés qui n'existent pas en Chine continentale, et ce en théorie jusque 2047.

Les organisateurs ont revendiqué un million de manifestants, la police a décompté 240'000 personnes. Ce qui en ferait la deuxième manifestation la plus importante depuis la rétrocession. Elle s'est achevée par des heurts entre des jeunes et les forces de la police antiémeute. (ats/nxp)

Créé: 09.06.2019, 22h10

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