Jeudi 20 juin 2019 | Dernière mise à jour 20:53

États-Unis Le fils aîné de Trump de nouveau sur le gril

Une audition à huis clos s'est tenue mercredi pour entendre Donald Trump Junior sur la question de l'ingérence russe.

Le fil aîné de Trump avait déjà été entendu pendant de longues heures par différentes commissions sénatoriales en 2017.

Le fil aîné de Trump avait déjà été entendu pendant de longues heures par différentes commissions sénatoriales en 2017. Image: AFP

Présidentielle 2020: Trump serait preneur d'informations venues de l'étranger sur son rival

Interrogé par un journaliste de la chaîne ABC pour savoir si son équipe de campagne accepterait des informations compromettantes, venues par exemple de Russie ou de Chine, sur ses adversaires ou les transmettrait au FBI, Donald Trump répond: «Je pense que vous faites peut-être les deux.» Et de poursuivre: «Si quelqu'un appelait d'un pays, (par exemple) la Norvège, (et disait) Nous avons des informations sur votre adversaire , je pense que je voudrais écouter.» Le président affirme par ailleurs qu'il ne s'agirait pas d'ingérence dans les élections américaines. «Ce n'est pas de l'interférence, (s)'ils ont des informations, je pense que je les prendrais», ajoute Donald Trump. Et «si je pense que quelque chose ne va pas j'irais peut-être voir le FBI.» «Il n'y a rien de mal à écouter», dit encore le locataire de la Maison Blanche.

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Le fils aîné du président Donald Trump a dit vouloir tourner la page mercredi à la sortie d'une audition au Sénat américain, en affirmant avoir confirmé ses témoignages précédents dans le cadre d'une enquête parlementaire sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

Nouvelle convocation

«Je suis heureux que cela soit enfin terminé. Nous avons pu clarifier les choses», a déclaré Donald Trump Junior, 41 ans, suspecté par les démocrates d'avoir menti sur ses contacts avec des Russes durant la campagne présidentielle de 2016.

Avez-vous peur d'être accusé de parjure? «Pas du tout», a-t-il répondu aux journalistes, après un peu moins de trois heures d'audition à huis clos devant la commission du Renseignement.

Farouche défenseur du président, fervent utilisateur --comme son père-- de Twitter où il manie aussi l'ironie, Donald Junior gère les affaires familiales à la tête de la Trump Organization.

Il avait déjà été entendu pendant de longues heures par différentes commissions sénatoriales en 2017.

Le président républicain Donald Trump s'était donc dit «très surpris» en mai par la nouvelle convocation de son fils aîné par cette commission, pourtant contrôlée par les républicains.

«Rien à changer»

Les sénateurs voulaient revenir sur certaines de ses premières déclarations car elles auraient pu contredire d'autres témoignages et faits révélés depuis.

Ils devaient notamment le questionner sur une réunion avec une avocate russe à la Trump Tower de New York organisée en juin 2016, en pleine campagne pour la présidentielle américaine.

L'avocate avait promis aux participants --notamment Donald Junior et Jared Kushner, gendre et proche conseiller du milliardaire à la Maison Blanche-- des «informations compromettantes» sur la rivale démocrate de Donald Trump, Hillary Clinton.

Les sénateurs voulaient aussi l'interroger sur un projet de construction d'une Trump Tower à Moscou, selon la presse, pour notamment comparer ses affirmations à celles de Michael Cohen. Ancien avocat personnel du président américain, ce dernier a été condamné à trois ans de prison pour fraude, infraction aux lois électorales et parjure dans le cadre de l'affaire russe.

«Il n'y avait rien à changer» à son témoignage, a affirmé Donald Trump Junior à sa sortie.

«S'il y avait besoin de clarifier --car Michael Cohen, ne l'oublions pas, est en prison en ce moment parce qu'il a menti à ces mêmes (commissions parlementaires)-- j'en suis heureux», a-t-il poursuivi.

Rare exemple de collaboration entre les deux partis, les sénateurs démocrates et républicains de la commission du Renseignement enquêtent en toute discrétion depuis deux ans sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016.

Après sa propre longue enquête sur l'ingérence de Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu dans son rapport publié en avril qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.

Mais il n'a pas blanchi le président américain de soupçons d'entrave à la justice.

«J'adore»

Le président républicain s'estime lui lavé de tout soupçon: «Pas de collusion, pas d'entrave» à la justice, martèle-t-il, dénonçant une campagne de «harcèlement» menée par l'opposition démocrate.

En 22 mois d'enquête, Robert Mueller a procédé à une grosse trentaine d'inculpations de personnes ou d'entités, russes et américaines, dont six anciens collaborateurs du président républicain.

Outre Michael Cohen, il a ainsi également inculpé Paul Manafort, qui a brièvement dirigé l'équipe de campagne Trump, pour des fraudes fiscales et bancaires notamment. Il était présent à la désormais célèbre réunion de la Trump Tower à New York.

Dans ce contexte, les médias américains avaient spéculé un temps sur une possible inculpation de Donald Junior pour sa participation à cette rencontre avec l'avocate russe Natalia Vesselnitskaïa, alors même qu'il pensait qu'elle avait été mandatée par Moscou pour leur livrer des informations compromettantes sur Mme Clinton. «S'il s'agit bien de cela, j'adore» cette idée, avait répondu Donald Junior à un courriel lui proposant cette réunion.

Citant cette déclaration, le président démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Adam Schiff, a promis mercredi de continuer à enquêter sur les pistes laissées par le rapport Mueller.

«La plupart des Américains considèrent que solliciter de l'aide étrangère en pleine campagne présidentielle, ainsi que l'offre d'une aide étrangère et l'empressement de l'équipe de campagne d'accepter cette offre (...) constituent des preuves irréfutables de collusion». (afp/nxp)

Créé: 12.06.2019, 19h48

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