Mercredi 11 décembre 2019 | Dernière mise à jour 05:39

Asie Les forces chinoises aux portes de Hong Kong

Des soldats en treillis sont massés dans un stade de Shenzhen, à 7 km de la ville. Donald Trump met la pression sur la Chine.

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Crise politique à Hong Kong

Crise politique à Hong Kong Les manifestants pro-démocratie augmentent la pression sur les autorités pro-Pékin.

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Des forces chinoises, appartenant apparemment à la police militaire, étaient rassemblées jeudi aux portes de Hong Kong, a constaté l'AFP. Donald Trump a de son côté appelé Pékin à agir «avec humanité» face aux manifestations dans l'ex-colonie britannique.

Après deux mois d'agitation à Hong Kong contre l'exécutif pro-Pékin, des hommes en treillis étaient massés dans un stade de Shenzhen, la métropole située aux portes du territoire autonome. Un reporter de l'AFP a aperçu également des camions ainsi que des blindés de transport de troupes.

Les hommes défilaient en rangs serrés, brandissant des drapeaux rouges, ou s'entraînaient à la course à pied, alors que d'autres circulaient à moto à l'extérieur du stade, situé à moins de 7 km de la frontière.

Menace d'intervention

La raison de leur présence n'était pas connue, mais Pékin a laissé planer ces derniers jours le spectre d'une intervention pour rétablir l'ordre dans l'ex-colonie. Les médias de Pékin ont diffusé des vidéos montrant des convois militaires se dirigeant vers Shenzhen.

La police militaire, chargée notamment du maintien de l'ordre, dépend de la Commission militaire centrale (CMC), un organe dirigé par le président Xi Jinping en personne.

Trump lie économie et diplomatie

Face au risque d'intervention, Donald Trump a mis la pression sur la Chine en liant les deux dossiers brûlants: le diplomatique (la crise à Hong Kong) et l'économique (les négociations commerciales).

«En Chine, des millions d'emplois disparaissent pour aller dans des pays qui ne sont pas sujets aux taxes douanières. Des milliers d'entreprises quittent le pays. Bien sûr que la Chine veut passer un accord (avec les Etats-Unis, ndlr). Qu'ils travaillent avec humanité avec Hong Kong d'abord!», a-t-il mis en garde.

Peu après, dans un autre tweet à la tonalité différente, il a assuré que Xi Jinping pourrait faire preuve de cette même humanité, suggérant au passage une «rencontre en personne». «Je n'ai aucun doute que si le président Xi veut résoudre rapidement et avec humanité le problème à Hong Kong, il peut le faire», a-t-il estimé.

«Haut degré d'autonomie»

Plus tôt dans la journée, un porte-parole de la diplomatie américaine avait appelé Pékin à «respecter le haut degré d'autonomie» de l'ex-colonie britannique, prévue dans la déclaration sino-britannique de 1984. Il s'agit du premier avertissement net et détaillé adressé à Pékin.

La déclaration sino-britannique encadre la rétrocession de Hong Kong intervenue en 1997. Elle stipule que la région bénéficie «d'un haut degré d'autonomie, hormis en matière d'affaires étrangères et de défense», et de son propre système judiciaire, législatif et exécutif.

La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, s'est dite elle aussi mercredi «profondément attachée au respect intégral» des garanties apportées par ce statut d'autonomie de Hong Kong.

«Actes quasi-terroristes»

Ces déclarations interviennent après que la Chine a haussé d'un cran ses mises en garde après des incidents la veille dont ont été victime deux de ses ressortissants. Elle avait condamné «avec la plus grande fermeté ces actes quasi-terroristes».

Mardi, deux Chinois du continent ont été passés à tabac au cinquième jour d'une mobilisation sans précédent à l'aéroport de Hong Kong, où le trafic a été particulièrement perturbé. C'est la deuxième fois cette semaine que la Chine cherche à assimiler les manifestations à du «terrorisme».

Le mouvement pro-démocratie, qui a vu des millions de personnes descendre dans les rues, est parti début juin du rejet d'un projet de loi hongkongais autorisant les extraditions vers la Chine. Il a depuis considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences du régime communiste. (afp/nxp)

Créé: 15.08.2019, 06h50

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