Dimanche 17 novembre 2019 | Dernière mise à jour 23:32

«Gilets jaunes» Macron veut lancer la «grande concertation»

Le président français doit trancher mardi avec les ministres sur les contours de la «grande concertation nationale» promise aux «gilets jaunes».

L'Assemblée revient sur l'assouplissement de la «niche Copé»

L'Assemblée nationale est revenue lundi en arrière sur l'assouplissement de la «niche Copé», un choix devant permettre de générer un gain de 280 millions d'euros et contribuer ainsi au financement des annonces gouvernementales.

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Décidé à aller vite, Emmanuel Macron, plombé dans les sondages, va trancher mardi avec les ministres sur les contours de la «grande concertation nationale» qu'il a promise aux «gilets jaunes» pour sortir de la crise en tenant compte de leurs aspirations.

La journée s'annonce de nouveau chargée à l'Elysée où le président se réunit à 18H00 avec plusieurs membres du gouvernement, dont Edouard Philippe, afin, a-t-il expliqué lundi, de «finaliser et clarifier» les règles de ce débat national avant de les annoncer au conseil des ministres de mercredi.

Vidéo: «Gilets jaunes»: déterminés avant «l’acte V»

C'est pour cela qu'il a bouleversé son agenda en annulant un déplacement prévu à Biarritz pour lancer la présidence française du G7 et prononcer un discours sur les priorités diplomatiques de la France pour 2019.

Détails flous

Les détails de la «grande concertation» restent pour le moment flous. Annoncée par Emmanuel Macron dans son allocution du 10 décembre, au surlendemain d'un nouveau samedi de mobilisation, marqué par des violences, des «gilets jaunes», elle doit se tenir jusqu'au 1er mars dans toute la France.

Ce débat doit s'appuyer fortement sur les maires, présentés par le pouvoir comme les élus les plus proches des aspirations des Français, et se décliner en nombreux rendez-vous locaux.

Quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l'État, et démocratie et citoyenneté) ont été fixés pour les discussions, qui devraient peu porter sur l'immigration. Mais une revendication a nettement monté ces derniers jours chez les «gilets jaunes»: le référendum d'initiative citoyenne (RIC) ou populaire. Edouard Philippe s'y est déclaré favorable sur le principe mais «pas dans n'importe quelles conditions».

«Un effort spécifique» demandé

A l'Elysée, Emmanuel Macron réunira aussi à 16H00 «l'ensemble des mutuelles et assureurs privés» pour les mobiliser en faveur du pouvoir d'achat. Il s'agit de la troisième réunion de ce genre après celles avec les banques le 11 décembre et avec les entreprises le lendemain. Le gouvernement leur demande «un effort spécifique» en complément des mesures qu'il met en oeuvre pour tenter de calmer la plus grave crise sociale depuis le début du quinquennat.

Ce plan, qui comprend un gain de 100 euros net pour les salariés proches du Smic, les heures supplémentaires défiscalisées ou l'exemption de hausse de CSG pour certains retraités, va coûter selon Matignon 10,3 milliards d'euros, gel de la taxe carbone compris. Il creusera encore le déficit, qui devrait atteindre 3,2% du PIB en 2019.

Ces mesures doivent être présentées en projet de loi mercredi en Conseil des ministres, avant de passer à l'Assemblée nationale jeudi et au Sénat vendredi. Avec l'objectif qu'elles puissent être applicables au 1er janvier.

Popularité au plus bas

Pour répondre à cette urgence, les assemblées et le gouvernement cherchent à accélérer le travail parlementaire afin d'éviter de siéger durant la trêve de Noël. «Nous sommes dans une situation inédite» et «ça s'entrechoque», a résumé le président de la commission des Finances Eric Woerth (LR).

Sur le terrain, plusieurs ronds-points occupés par des «gilets jaunes» ont commencé lundi à être évacués, et cela va se «poursuivre», a affirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Mais ces menaces d'évacuation ne font pas plier certains protestataires, à l'image de ceux d'un rond-point du nord de Bordeaux, bien décidés à rester sur place. «On passe Noël ici!», a annoncé l'un des leurs.

Après un mois de crise, Emmanuel Macron poursuit sa descente quasi-ininterrompue dans les enquêtes d'opinion: 73% ( 5) des Français interrogés portent désormais un jugement négatif sur son action, selon un sondage Odoxa publié mardi pour France Inter, L'Express et La Presse régionale. Edouard Philippe perd également 5 points (à 31%) tandis que Marine Le Pen est la principale bénéficiaire en gagnant 6 points (à 29%). (afp/nxp)

Créé: 18.12.2018, 05h21

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