Samedi 19 octobre 2019 | Dernière mise à jour 11:18

Venezuela Maduro investi président au terme d'une crise politique

Nicolas Maduro a été investi vendredi à la présidence du Venezuela, au terme d'une violente crise politique ouverte par le refus de l'opposition d'admettre sa victoire à la tête de ce riche pays pétrolier des Caraïbes.

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Nicolas Maduro succède à son défunt mentor Hugo Chavez.

L'héritier du charismatique dirigeant socialiste, élu pour un mandat de six ans, a prêté serment, en costume sombre et cravate rouge, sous un portrait géant du «Comandante» Chavez, à l'Assemblée nationale à Caracas. Une vingtaine de dignitaires étrangers étaient présents.

«Au nom du peuple vénézuélien, au nom de la mémoire éternelle du 'Comandante' suprême, je jure de respecter la Constitution», a déclaré Nicolas Maduro. Il est sorti vainqueur de la présidentielle de dimanche, avec une courte avance de 1,8% face au chef de l'opposition Henrique Capriles.

Visiblement ému, cet ancien chauffeur de bus et dirigeant syndical de 50 ans à l'épaisse carrure était accompagné par son épouse Cilia Flores, une responsable influente du parti socialiste au pouvoir.

Foule en liesse

Revêtus de rouge, la couleur du «chavisme», des milliers de fidèles, venus de tout le pays à bord de bus bondés, ont célébré l'investiture aux alentours de l'imposant bâtiment où ont été montés une estrade et un écran géant.

«Chavez vit, la lutte continue!», a scandé la foule. Certains s'étaient affublés d'une moustache postiche, en hommage au nouveau président, tandis que des feux d'artifice retentissaient dans la capitale vénézuélienne.

Choisi comme dauphin peu avant sa mort par l'ancien homme fort du Venezuela, emporté le 5 mars par un cancer, le nouveau président a obtenu la reconnaissance de la quasi-totalité des pays latino-américains, réaffirmée lors d'un sommet régional extraordinaire jeudi soir à Lima.

Nombreux chefs d'Etat

De nombreux chefs d'Etat ont fait le déplacement dont ceux du Brésil Dilma Roussef, d'Argentine Cristina Kirchner, ainsi que les grands alliés du régime chaviste, à l'image du président cubain Raul Castro, bolivien Evo Morales ou iranien Mahmoud Ahjmedinejad. La Suisse était représentée par l'ambassadeur au Venezuela Markus-Alexander Antonietti.

Les Etats-Unis, qui ont suscité l'ire de Caracas et de ses alliés de gauche pour avoir soutenu un nouveau comptage des votes, tout comme l'Union européenne, n'ont pas annoncé de représentant.

Toutefois, la veille, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a baissé le ton, assurant ne pas vouloir «fermer les portes» au nouveau gouvernement qui affrontera une situation économique fragile avec une dette équivalente à la moitié du PIB et une inflation record de plus de 20%.

Vérification des urnes

Après plusieurs jours de vives tensions, le climat s'est nettement détendu après que le Conseil national électoral (CNE) a accepté in extremis, jeudi soir, de procéder à une vérification de l'ensemble des urnes, comme le réclamait inlassablement l'opposition.

«Allons Venezuela, la lutte continue pour la vérité!», s'est exclamé Henrique Capriles, qui refuse toujours d'admettre sa défaite. Il a assuré que le nouvel audit va lui permettre de démontrer les «irrégularités» qu'il dénonce depuis le soir du scrutin de dimanche.

Reste à savoir comment réagira l'opposition si le CNE, réputé proche du gouvernement, confirme la semaine prochaine la victoire de Nicolas Maduro, l'hypothèse qui semble la plus probable.

La justice pourrait en outre menacer de poursuites Henrique Capriles, qualifié par les autorités de «putschiste», en raison des récentes violences qui ont fait huit morts, plus d'une soixantaine de blessés et des dégradations matérielles importantes. (ats/nxp)

Créé: 19.04.2013, 22h12


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