Dimanche 20 octobre 2019 | Dernière mise à jour 15:59

Crimes Marche contre le viol en Haïti

Plus de mille personnes ont défilé dimanche dans les rues de Port-au-Prince pour dénoncer les viols collectifs qui se multiplient à travers le pays.

Une étudiante haïtienne manifeste.

Une étudiante haïtienne manifeste. Image: AFP

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Les Haïtiens se sont mobilisés dimanche pour manifester contre les violences faites aux femmes. Cette semaine deux étudiantes ont encore été agressées.

«Le viol devient une forme de répression sur les femmes dans les quartiers populaires ou dans les universités, partout dans le pays» déplore Pascale Solages, militante féministe.

Il n'existe pas de statistiques officielles sur l'ampleur des crimes sexuels. Selon la dernière étude du ministère de la santé, publiée en juillet 2017, une femme sur huit déclare avoir subi des violences sexuelles à un moment de sa vie.

«Les victimes gardent le silence, elles s'enferment dans un sentiment de honte et de peur. Mais au-delà, il faut que tout le monde sorte de ce silence: que les gens qui sont témoins dans les communautés, les familles, quel que soit l'endroit où un viol est commis, il ne faut pas garder le silence» ajoute Pascale Solages pour expliquer l'un des mots-clés lancés pour la marche #PaFèSilans (ne pas faire silence, en créole).

L'habillement mis en cause

La foule, habillée en blanc, a quitté l'université où étudie l'une des récentes victimes d'un viol collectif et marché jusqu'au centre-ville, en passant sur le lieu de l'agression. Hurlant régulièrement à pleine voix, comme pour imiter les cris de victimes, le cortège a réuni hommes et femmes à parts égales.

La société haïtienne reste dominée par une culture jugée patriarcale et misogyne et, au cours de la semaine, plusieurs commentateurs ont publiquement questionné la responsabilité des femmes face aux crimes, notamment par leur port de certains vêtements.

«Absolument rien ne peut justifier un viol. Les filles sont libres de marcher à l'heure qu'elles veulent et elles peuvent s'habiller comme elles veulent» affirme avec fermeté Wilkenson Saint-Fleur. «On ne vit pas dans une jungle. Il faut maintenant que les autorités prennent leurs responsabilités face à la population qu'elles ont le devoir de protéger, sinon les gens vont se faire justice eux-mêmes et on va tomber dans le chaos» craint l'étudiant qui a défilé dimanche.

Pas un «phénomène naturel»

Le recteur de l'université Quisqueya, où étudie l'une des victimes, a marché aux côtés de ses élèves dont il encourage la mobilisation pour obtenir justice. «La violence tend à s'installer comme un phénomène naturel et la société commence à cultiver une culture de tolérance vis-à-vis des agressions contre les femmes : il faut dire non» a témoigné Jacky Lumarque. (ats/nxp)

Créé: 27.05.2019, 07h11


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