Jeudi 19 juillet 2018 | Dernière mise à jour 14:51

France Marches blanches pour Naomi Musenga

Des marches blanches ont été organisées à Paris et Strasbourg pour la jeune femme décédée, moquée par le Samu. La famille a lancé un appel au calme.

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«Plus jamais ça»: plusieurs centaines de personnes étaient attendues mercredi à Strasbourg et Paris pour des marches blanches en hommage à Naomi Musenga, la Française d'origine congolaise décédée après que son appel de détresse n'a pas été pris au sérieux par les secours.

Famille, amis, connaissances et simples anonymes devaient prendre part à ces cortèges dont le principal devait partir à 15h30 à Strasbourg (est).

Organisée par un collectif baptisé «Justice pour Naomi Musenga», la marche strasbourgeoise entend rendre hommage «dans la dignité et le respect» à sa mémoire. «Cette mobilisation est la première étape de notre lutte au côté de la famille pour obtenir la justice et la vérité», a souligné Ann-Ly Anangue, l'une des organisatrices.

«Cette marche nous tient à coeur», a expliqué Louange Musenga, l'une des soeurs de Naomi qui doit prendre la parole lors de la marche.

Toujours «indignés» du comportement d'une opératrice du Samu (services de secours français) qui avait répondu fin décembre à l'appel de détresse de Naomi par des railleries, quelques heures avant son décès après d'atroces souffrances, les parents de la jeune fille ont appelé mardi sur la chaîne France 3 Alsace au «calme» et à la «sérénité» après les nombreuses menaces proférées à l'encontre du Samu de la région.

«La justice ne s'obtient pas en cassant quelque chose ou en brisant une personne», a fait valoir la mère de Naomi, Honorine Musenga.

Depuis que l'enregistrement de l'appel a été rendu public, la semaine dernière, six agents du Samu ont porté plainte après avoir été menacés, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

Sur les réseaux sociaux, trois auxiliaires de régulation médicale ont été identifiées «à tort» comme étant l'opératrice du Samu qui avait réceptionné l'appel, devenant la cible de nombreuses «insultes» et «menaces violentes», parfois de mort, a-t-on précisé.

Rassemblement «pacifiste»

«L'une d'entre elles a déménagé en urgence dans une autre région, car elle avait le sentiment d'être en danger», ajoute-t-on de même source.

«On me souhaite de mourir carbonisée dans ma voiture, d'être séquestrée et battue à mort, de crever comme un animal», a confié une autre de ces régulatrices au journal Le Monde.

Devant ces menaces, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont publié mardi un communiqué pour indiquer que «les opératrices du Samu visées par des tweets malveillants ne sont pas impliquées dans l'enregistrement».

«En solidarité» avec la famille de Naomi Musenga, le Centre d'observation des inégalités (Codi) organise également un rassemblement sobre et «pacifiste» à Paris à la même heure.

«Il n'y aura pas de banderole ni de messages politiques. On veut que cela soit plutôt quelque chose de pacifiste plutôt que revendicatif, avec des messages d'amour», a souligné mardi le délégué du Codi, Thierry Paul Valette interrogé par l'AFP. Une marche est également prévue à Valence (sud-est).

Naomi Musenga, jeune mère d'une fillette de 18 mois et qui souhaitait devenir créatrice de mode, est décédée après avoir été hospitalisée le 29 décembre, victime d'un infarctus.

Quelques heures avant son transport à l'hôpital, elle avait appelé le Samu en raison d'intenses maux de ventre. L'opératrice, sur un ton moqueur, l'avait invitée à contacter SOS Médecins, ce qui avait retardé l'intervention des secours.

Révélée par l'hebdomadaire alsacien Heb'di, l'affaire a provoqué une vague d'indignation après la diffusion de l'enregistrement par les médias nationaux.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn s'était déclarée «profondément indignée», dénonçant de «graves dysfonctionnements». (afp/nxp)

Créé: 16.05.2018, 20h29


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