Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 22:43

France Marion Maréchal-Le Pen, la nouvelle héritière

La petite-fille de Jean-Marie Le Pen est devenue, à 22?ans, la benjamine de l’Assemblée nationale.?Marion Maréchal-Le Pen assure la relève du clan lepéniste.

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Le poids de la dynastie Le Pen, inextricablement mêlée à l’histoire du Front national, vient de tomber sur ses frêles épaules. Alors que sa tante Marine, présidente du parti fondé par son grand-père et ex-candidate à la présidentielle, a échoué dimanche à se faire élire députée du Nord, Marion Maréchal-Le Pen devient la benjamine de l’Assemblée nationale. A 22?ans, chevelure blonde et traits angéliques, elle incarne le nouveau visage de l’extrême droite française. Jeune, dynamique, conquérante.

A ses côtés, Jean-Marie Le Pen martèle sa «fierté». «Marion est au-dessus de la haute estime que j’avais déjà d’elle», sourit le patriarche, qui fêtera ses 84?ans demain. Sa petite-fille porte son nom, elle est le fruit de son histoire et de son rapport passionnel à la France. C’est lui qui a demandé à Marion de se porter candidate aux législatives dans le Vaucluse. «Pour laver mon honneur dans une cité où notre nom a été sali», explique-t-il en référence à la profanation d’un cimetière juif à Carpentras que l’on avait attribuée à tort, en 1990, à des militants du Front. «Marion a une immense admiration pour son grand-père, elle n’a pas pu refuser, témoigne Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du FN. D’autant qu’elle partage sa volonté, qui est aussi celle de Marine, de réhabiliter toutes ces années où l’on a été traînés dans la boue.»

Une volonté qu’elle entend désormais mettre au service de son parti et de la jeunesse. «Si nos élites daignaient nous écouter, elles mesureraient tout ce dont nous sommes capables, notre lucidité, notre idéal (…). S’ils tendaient l’oreille, ils comprendraient pourquoi les jeunes Français dont je fais partie nous rejoignent. Je suis heureuse d’être la porte-parole de cette jeunesse française», confiait-elle ainsi dimanche soir peu après son élection.

Marion Le Pen a connu les quolibets et les moqueries comme sa mère, Yann, la cadette de Jean-Marie et Pierrette, avant elle. Elle a dû faire face au divorce de ses parents en 2007, après quatorze ans de mariage et trois enfants. Sa vie familiale a tangué, certes, mais elle n’a jamais fissuré les convictions idéologiques de ses proches. «Son militantisme politique doit aussi beaucoup à son père, qui a toujours été très présent», confie Marie-Christine Arnautu. Son père, Samuel Maréchal, ancien président de la jeunesse frontiste. Il a pris sa carte au parti dès 1985, à tout juste 18?ans. L’âge auquel Marion Le Pen a décidé de suivre la destinée familiale en adhérant à son tour au FN.

«Elle a la politique dans les tripes», soutient Marie-Christine Arnautu qui a guidé ses premiers pas en campagne, en 2010, lors des élections régionales en Ile-de-France. L’essai, à l’époque, n’avait pas été couronné de succès. «Marion aurait pu se contenter de jouer sur son nom, or elle s’était impliquée pleinement», martèle la vice-présidente du FN. Prise en défaut sur une mesure programmatique du parti, elle avait pourtant fondu en larmes devant les caméras.

Etudiante en master de droit à l’Université d’Assas (Paris), comme jadis sa tante Marine, la benjamine de la famille Le Pen dit «ne pas vouloir être dans l’opposition stérile et systématique» à l’Assemblée nationale. Celle que ses proches décrivent comme une «forte tête» veut se faire entendre dans l’Hémicycle. Quitte à passer, selon le mot de son parrain à l’Assemblée, le nouveau député frontiste Gilbert Collard, pour «une casse-couilles démocratique». (Le Matin)

Créé: 19.06.2012, 11h04

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