Dimanche 16 décembre 2018 | Dernière mise à jour 19:25

Brexit May lâche un peu de lest envers les députés

La première ministre britannique fait des concessions sur un des points brûlants du divorce avec l'UE: l'Irlande.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La première ministre britannique Theresa May a dit jeudi que les députés pourraient avoir le dernier mot sur l'activation éventuelle d'une disposition évitant le rétablissement de contrôles frontaliers sur l'île d'Irlande après le Brexit. Il s'agit d'un point très controversé de l'accord de divorce négocié avec Bruxelles.

Le traité de retrait de l'Union européenne prévoit un «filet de sécurité» («backstop» en anglais) maintenant l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE, ainsi qu'un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'est conclu à l'issue d'une période de transition de 21 mois post-Brexit, prévu le 29 mars 2019.

Mais le backstop est décrié par les députés pro-Brexit, jusqu'au sein du Parti conservateur au pouvoir, qui y voient un danger d'arrimage permanent du Royaume-Uni à l'UE. Des dizaines d'entre eux se sont désolidarisés du gouvernement et risquent de faire capoter le vote sur l'accord de retrait le 11 décembre à la chambre des Communes, ce qui plongerait le Royaume-Uni dans l'incertitude quant à son avenir.

«On parle du backstop comme s'il était automatique. En fait, il n'est pas automatique», a déclaré Theresa May sur BBC Radio 4, soulignant la possibilité d'étendre la période de transition à la place. «Personne ne veut entrer dans le backstop en premier lieu. Si nous devons l'utiliser, un choix devra être fait et j'examine la question du rôle du parlement dans ce choix», a-t-elle ajouté.

Mise en garde ferme du DUP

Mme May a toutefois souligné que tout accord conclu avec Bruxelles contiendrait un tel filet de sécurité et qu'une fois mis en oeuvre, le Royaume-Uni ne pourrait pas s'en retirer unilatéralement. Le DUP, petit parti unioniste nord-irlandais allié de Mme May, a une nouvelle fois prévenu jeudi qu'il lui retirerait son soutien indispensable à sa majorité parlementaire si elle persistait à défendre l'accord de divorce et le backstop.

Selon la presse britannique, Mme May essaierait même d'éteindre la révolte des députés conservateurs rebelles en leur proposant que la chambre des Communes puissent rejeter par vote tant le backstop qu'une prolongation de la période transitoire.

Le gouvernement devait affronter jeudi une troisième journée de débats au parlement sur l'accord de retrait, après deux séances très mouvementées où il a été mis en position de faiblesse. Et le vote des parlementaires sur l'accord de Brexit aura bien lieu mardi prochain, ont indiqué jeudi les services de la première ministre. (ats/nxp)

Créé: 06.12.2018, 15h17

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters