Vendredi 29 mai 2020 | Dernière mise à jour 01:57

Australie Un médecin des réfugiés à Nauru est limogé

La médecin-chef qui s'occupe du millier de migrants parqués à Nauru, une île dans le Pacifique, a été licenciée pour avoir pris en photo un enfant qu'elle soignait.

Les conditions de vie à Nauru sont dénoncées par de nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme et des médecins qui citent les graves problèmes psychologiques des détenus, les tentatives d'automutilation et de suicide.

Les conditions de vie à Nauru sont dénoncées par de nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme et des médecins qui citent les graves problèmes psychologiques des détenus, les tentatives d'automutilation et de suicide.

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La médecin-chef chargée par l'Australie de soigner les demandeurs d'asile et réfugiés de Nauru, dans le Pacifique, a été limogée, a annoncé son employeur alors que Canberra tentait de faire pièce aux critiques contre ses camps de rétention controversés.

La société privée chargée par le gouvernement australien de fournir des soins médicaux aux migrants relégués par Canberra dans cette minuscule nation du Pacifique a déclaré que la médecin allait quitter l'île mercredi.

«La médecin-chef de l'IHMS a été démise de ses fonctions (mardi) pour avoir violé le règlement du Centre régional» de rétention, a déclaré à l'AFP la compagnie, l'International Health and Medical Services.

D'après le groupe de médias Australian Broadcasting Corporation, il s'agit de Nicole Montana. Elle a été arrêtée par la police mardi soir après avoir pris la photo d'un enfant qu'elle était en train de soigner, ce qui est interdit par le règlement.

Conditions draconiennes

Les ONG ne cessent de dénoncer la politique d'immigration draconienne de l'Australie.

Depuis 2013, Canberra, qui dément tout mauvais traitement, refoule systématiquement en mer tous les bateaux de clandestins, originaires pour beaucoup d'Afghanistan, du Sri Lanka et du Moyen-Orient.

Ceux qui parviennent à passer à travers les mailles du filet sont envoyés dans des îles reculées du Pacifique. Canberra argue qu'il sauve ainsi des vies en dissuadant les migrants d'entreprendre un périlleux voyage. Les arrivées de bateaux, qui étaient quasiment quotidiennes, sont aujourd'hui rarissimes.

Un journaliste de l'AFP est parvenu récemment à rentrer dans les camps de rétention éparpillés sur l'île, constatant que de nombreuses personnes étaient désespérées, témoignant de tentatives de suicide, y compris d'enfants.

Mental au plus bas

L'ONG Médecins sans frontières a récemment reçu l'ordre du gouvernement de Nauru de cesser les soins dispensés à ceux souffrant de problèmes psychiatriques.

«La situation mentale des réfugiés détenus indéfiniment à Nauru est épouvantable», avait expliqué le docteur Beth O'Connor, psychiatre de MSF. «Ces 11 derniers mois à Nauru, j'ai vu un nombre alarmant de tentatives de suicide et de cas d'automutilation parmi les réfugiés et demandeurs d'asile, hommes, femmes et enfants, que nous avons traités.»

«Nous avons été particulièrement choqués par le nombre d'enfants souffrant du syndrome de résignation, une détérioration de leur état au point où ils sont incapables de manger, boire ou même aller aux toilettes». Nauru a traité les membres de MSF «de militants politiques».

Ces critiques internationales s'ajoutent à celles d'Australiens qui demandent au Premier ministre conservateur Scott Morrison de transférer les enfants malades dans leur pays.

Trois parlementaires de son propre parti ont réclamé publiquement l'évacuation des enfants et de leur famille. M. Morrison a laissé entendre qu'il recherchait un pays tiers pour les accueillir, comme la Nouvelle-Zélande voisine.

D'après MSF, près de 900 migrants vivent sur Nauru depuis plus de cinq ans, dont 115 enfants. (ats/nxp)

Créé: 17.10.2018, 10h47

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