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TERRORISME Menace djihadiste: la France en première ligne

La mise en ligne de vidéos mettant en vedette des djihadistes français confirme la gravité de la menace qui pèse sur la France.

Dans un quartier de Strasbourg, une manifestation contre l'endoctrinement, afin de contrer la propagande extrémiste, le 8 février dernier.

Dans un quartier de Strasbourg, une manifestation contre l'endoctrinement, afin de contrer la propagande extrémiste, le 8 février dernier. Image: AFP

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La progression du groupe Etat islamique

La progression du groupe Etat islamique La fulgurante progression des djihadistes sunnites du groupe Etat islamique (EI) met en péril la sécurité de toute la région.

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La multiplication par l'organisation Etat islamique de vidéos mettant en vedette des djihadistes français confirme la gravité de la menace qui pèse sur la France, confrontée à un phénomène que rien ne semble pouvoir endiguer.

Jeudi, une enquête a été ouverte à Paris par la justice après la diffusion d'une nouvelle vidéo postée la veille par le groupe Etat islamique, dans laquelle trois djihadistes appellent en français leurs «frères musulmans» à les rejoindre et menacent leur pays d'origine d'attentats.

Mettre un nom sur les visages

«La vidéo est depuis mercredi soir en analyse par les experts de la DGSI», la Direction centrale du renseignement intérieur, a confié à l'AFP une source proche du dossier.

Ils vont tenter de mettre un nom sur les visages de trois jeunes hommes barbus, en treillis, armés de kalachnikovs qui, sous les pseudonymes de Abu Osama al-Faranci («père d'Osama, le Français»), Abu Maryam al-Faranci, et Abu Salman al-Faranci, appellent les musulmans de France à émigrer «dans le Califat, la terre d'islam».

Plus inquiétant, ils demandent à ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas les rejoindre dans les régions de Syrie et d'Irak tombées aux mains de l'EI à passer à l'action sur le sol français, à «tuer des mécréants» par tous les moyens possibles, à semer l'angoisse et la peur dans la société française.

Passeports brûlés

La vidéo de sept minutes, filmée, montée et produite pour atteindre une qualité professionnelle, se termine par un gros plan sur un feu dans lequel les djihadistes, certains le visage découverts et d'autres portant cagoules, brûlent leurs passeports français, symbole de leur refus de revenir en arrière.

Pour parvenir à mettre un nom sur ces visages et derrière ces pseudonymes, les experts vont faire appel à une technique mêlant l'utilisation de logiciels, notamment de reconnaissance faciale, et enquêtes classiques des services de renseignement.

Deux Français identifiés

Deux Français, Maxime Hauchard et Mickaël Dos Santos, avaient été identifiés en début de semaine par la justice française comme faisant partie des bourreaux de plusieurs Syriens présentés comme des soldats du régime de Damas et d'un Américain, membre du personnel humanitaire.

Certains experts des mouvements djihadistes gardent toutefois un doute sur l'identité du second, estimant notamment qu'il s'exprime trop bien en arabe pour être un converti d'origine portuguaise.

Jeudi soir, des sources proches du dossier ont toutefois indiqué que les services spécialisés français restaient sur leur position selon laquelle des «indices précis et concordants» avaient permis d'identifier Mickaël Dos Santos.

Outre l'analyse des photographies, une de ces sources a insisté sur le fait qu'il a été reconnu par des proches, dont sa mère.

Plus d'un millier de personnes concernées

Confrontée à la menace djihadiste, la France prend désormais la mesure d'un phénomène qui ne cesse de s'amplifier malgré l'adoption récente d'une loi anti-terroriste venue durcir une législation déjà parmi les plus répressives en occident.

Avec plus d'un millier de personnes concernées, près de 400 jeunes Français dans les rangs de mouvements djihadistes en Syrie ou en Irak, 118 de retour en France et 51 tués dans des combats ou des attentats-suicide, la France est, avec la Belgique, au premier rang des pays occidentaux pour le nombre de volontaires ayant rejoint l'EI.

Efforts de ré-islamisation dans les banlieues

«La France est particulièrement touchée par ce phénomène parce que d'une part, il y subsiste des réseaux qui ont envoyé de nombreux volontaires se battre contre les Américains en Irak à partir de 2003», explique à l'AFP Louis Caprioli, ancien chef du contre-terrorisme à la DST (ancien nom du service de renseignement intérieur français).

«Une autre explication est aussi sans doute l'action du mouvement de prédication islamique Tabligh, très actif dans les villes et les banlieues françaises depuis le milieu des années 90. Ces efforts de ré-islamisation des jeunes issus des communautés immigrées portent leurs fruits maintenant. Et même si le nombre de convertis qui partent faire le djihad est important, on parle de 20 à 25% du total, ces conversions sont le plus souvent dues à une proximité avec des membres islamisés de la communauté immigrée», ajoute-t-il.

Un faisceau de facteurs

«Il n'y a de toutes façons pas une explication unique derrière un départ pour le djihad, c'est un faisceau de facteurs», selon Louis Caprioli.« Et l'un d'eux est l'extraordinaire qualité de la communication de l'Etat islamique, qui maîtrise parfaitement tous les outils d'internet», précise-t-il.

Hormis la France, aucun autre pays étranger n'a dit avoir identifié les autres combattants à visage découvert dans la dernière vidéo du groupe Etat islamique. (afp/nxp)

Créé: 20.11.2014, 19h59

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