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Russie Meurtre de Boris Nemtsov: l'un des suspects avoue

La justice russe a inculpé dimanche deux hommes d'origine tchétchène pour le meurtre de Boris Nemtsov. L'un d'eux aurait fait des aveux. Les enquêteurs ont arrêté en tout cinq suspects dans le cadre de l'enquête.

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Les cinq hommes ont été placés en détention et l'un d'eux a reconnu son implication, a annoncé dimanche un tribunal de Moscou. Deux d'entre eux, Zaour Dadaïev et Anzor Goubachev, ont été officiellement inculpés ce dimanche 8 mars. Les trois autres, dont le frère d'Anzor, sont seulement considérés comme des suspects.

Russe d'origine tchétchène, Zaour Dadaïev était le chef adjoint d'un bataillon de police tchétchène, selon les agences de presse russes. Il a été arrêté samedi en Ingouchie, république voisine de la Tchétchénie, dans le Caucase russe.

La «participation de (Zaour) Dadaïev au meurtre a été confirmée par ses aveux», a annoncé la juge Natalia Mouchnikova lorsqu'il a été présenté au tribunal moscovite de Basmanni, comme l'exige la loi russe après une garde à vue.

Décoré en 2010

Selon l'agence TASS, Zaour Dadaïev avait été décoré pour son «courage dans l'accomplissement de son devoir militaire» en 2010 par le ministre russe de l'Intérieur de l'époque, Rachid Nourgaliev.

«Je connaissais Zaour Dadaïev sous le jour d'un vrai patriote russe», a déclaré sur son compte Instagram le dirigeant de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, qui dit ne pas comprendre les motifs de son arrestation.

«Non coupables»

Arrêté lui aussi samedi en Ingouchie, Anzor Goubachev, employé tchétchène d'une société privée de sécurité à Moscou, a été comme Zaour Dadaïev inculpé du meurtre de Boris Nemstov. Il s'est en revanche déclaré non coupable, tout comme les trois autres suspects, tous d'origine tchétchène, présentés dimanche au tribunal.

Bonnet gris rabattu jusqu'au menton, feuilles de papier blanc plaquées contre leurs visages et têtes enfouies entre leurs mains pour échapper aux flashs des photographes, ces trois suspects ont multiplié les déclarations pour convaincre le tribunal de leur innocence.

Chaguid Goubachev, le jeune frère d'Anzor Goubachev, a assuré «n'avoir commis aucun crime», tandis que Ramzat Bakhaïev a fait remarquer qu'il se trouvait chez lui lorsque la police l'a arrêté. «Si j'avais participé (au meurtre), j'aurais cherché à m'enfuir», a-t-il assuré.

Le dernier suspect, Tamerlan Eskerkhanov, a fait valoir qu'il s'était rendu chaque jour à son travail comme d'habitude, signe selon lui qu'il n'a pas participé à l'assassinat de Boris Nemtsov.

Suicide d'un 6e suspect

«Les suspects ont nié leur implication dans ce crime, mais les enquêteurs ont les preuves de leur participation», a indiqué un représentant du tribunal, cité par les agences de presse. Ces preuves doivent maintenant être présentées par les enquêteurs d'ici dix jours.

Sur décision du tribunal, ils ont été placés en détention pour deux mois, jusqu'au 28 avril. Une source policière, citée par l'agence de presse Interfax, a indiqué qu'un sixième suspect s'était suicidé avec une grenade lorsque son domicile avait été encerclé par les forces de l'ordre à Grozny, capitale de la Tchétchénie.

Nombreuses hypothèses

Ces arrestations interviennent un peu plus d'une semaine après l'assassinat de l'opposant et ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov, un meurtre qui avait soulevé l'indignation à travers le monde et choqué l'opposition russe. Agé de 55 ans, il a été abattu de quatre balles dans le dos le 27 février, à deux pas du Kremlin.

Si l'enquête a mené à l'arrestation de cinq suspects, les motifs du meurtre n'ont pas encore été établis par les enquêteurs, du moins pas publiquement. Les hypothèses sont nombreuses: les alliés de M. Nemtsov y voient la main du Kremlin et des services spéciaux russes tandis que le président Poutine parle de «provocation» destinée à déstabiliser le pays.

La fille de l'opposant assassiné, Janna Nemtsova, a affirmé que le meurtre de son père était «politique». «Je pense que maintenant, la Russie a franchi la ligne et que les gens auront peur d'exprimer des idées qui contredisent (...) le point de vue officiel», a-t-elle déclaré dans une interview accordée en Allemagne à la chaîne de télévision CNN. (ats/nxp)

Créé: 08.03.2015, 17h42

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