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Crise migratoire Migrants: Merkel accepte un compromis

L'aile droite de la coalition gouvernementale allemande veut acculer Angela Merkel à la fermeture des frontières. Elle a cédé sur un point.

La chancelière allemande est, sur ce point, en désaccord avec son ministre de l'intérieur, Horst Seehofer, et ses alliés conservateurs bavarois.

La chancelière allemande est, sur ce point, en désaccord avec son ministre de l'intérieur, Horst Seehofer, et ses alliés conservateurs bavarois. Image: AFP

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La chancelière allemande Angela Merkel a accepté lundi un compromis avec ses alliés de l'Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise sur un durcissement de la politique migratoire, dans l'espoir de parvenir à un accord européen lors du sommet de l'UE à la fin du mois.

Ce compromis, qui écarte au moins pour un temps une crise ouverte entre les deux composantes du bloc conservateur, prévoit que les migrants déjà enregistrés dans un pays de l'UE, c'est-à-dire la quasi-totalité, soient refoulés aux frontières allemandes à compter de juillet si aucun accord n'est conclu d'ici là au niveau européen.

Les chrétiens-sociaux demandaient au départ que cette mesure soit prise sans délai. Pour ce qui est des migrants dont la demande d'asile a déjà été rejetée une première fois en Allemagne et qui se présenteraient de nouveau à la frontière, ils pourront être immédiatement refoulés, comme l'exigeait la CSU.

Elections en vue

La CSU, la frange la plus droitière du gouvernement de coalition, veut durcir la politique migratoire allemande, en vue notamment des élections régionales bavaroises d'octobre où elle craint une percée du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Lors d'une conférence de presse après l'annonce du compromis avec la CSU, Angela Merkel a toutefois mis en garde contre un «effet domino» à travers l'Europe si l'Allemagne refoulait de manière injustifiée des migrants à ses frontières. Elle a souligné la nécessité pour son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), et pour la CSU d'agir ensemble pour tenter de parvenir à un accord lors du sommet européen des 28 et 29 juin à Bruxelles.

Les deux partis conservateurs, a-t-elle souligné, ont le même objectif: mieux organiser l'immigration et réduire de manière significative le nombre de migrants qui entrent en Allemagne. Le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, qui est également le président de la CSU, a dit espérer que Merkel parviendra à un accord avec ses partenaires lors du sommet européen.

Si ce n'est pas le cas, a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse, «nous devrons être en mesure de refouler» les migrants aux frontières dès le mois de juillet. «Nous souhaitons bonne chance à la chancelière», a ajouté Horst Seehofer.

«Un signal clair»

Le ministre-président CSU de l'Etat libre de Bavière, Markus Söder, avait dans la matinée déclaré que son parti allait envoyer un «signal clair» à Merkel.

Sans l'apport des députés CSU, la CDU et les sociaux-démocrates du SPD, alliés de la chancelière au sein de la «grande coalition», n'ont pas de majorité au Bundestag. La politique migratoire divise profondément les deux formations conservatrices, la CSU s'étant opposée en 2015 à la décision de la chancelière de laisser entrer des centaines de milliers de migrants sur le territoire allemand.

Horst Seehofer a estimé mercredi dernier que l'Allemagne devait s'allier avec l'Autriche et l'Italie sur les politiques à mener en matière de migration et de sécurité, des dossiers désormais pilotés à Vienne et à Rome par des partis d'extrême droite. (ats/nxp)

Créé: 17.06.2018, 03h32

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