Mardi 17 septembre 2019 | Dernière mise à jour 11:47

France Miracle dans les Alpes: «on recherchait plutôt des corps»

Sans rien à manger et blessé, un couple de septuagénaires a survécu à quatre jours d'errances dans la nature.

Un hélicoptère des secours savoyards a repéré les disparus lors de son ultime passage avant de rentrer à la base.

Un hélicoptère des secours savoyards a repéré les disparus lors de son ultime passage avant de rentrer à la base. Image: Facebook/GMPS de la Savoie

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Blessé, Roland, 75 ans, n’aurait pas survécu trois heures de plus. Quant à son épouse Mauricette, 71 ans, malgré une force de caractère admirable, elle a songé à se laisser mourir. «Le Parisien» révèle l’histoire folle de ce couple qu’on peut vraiment qualifier de miraculé.

Ce tandem de La Rochelle passait ses vacances dans la vallée de la Haute-Maurienne, en Savoie. Le 28 août, de bon matin, ils se garent sur un parking de Termignon et partent en randonnée pour le lac Blanc, à 2246 m, dans le parc de la Vanoise.

«Du sang partout»

Les septuagénaires ne sont pas des amateurs mais bien des habitués des randonnées. Mais tout va mal tourner. Très mal, même, et leur cauchemar va durer quatre jours et trois nuits.

Dans l’après-midi, Mauricette et Roland se perdent dans la montagne. Ils tentent d’appeler les secours mais impossible: pas de réseau. C’est alors que Monsieur chute dans une pente. «Sa tête a heurté un rocher. Il avait du sang partout. J’ai cru que c’était la fin», témoigne sa femme dans le quotidien français.

«On a erré, comme des animaux»

Dans sa chute, il perd leur seul téléphone. Et voilà que son épouse tombe également. «On a alors erré, comme des animaux. On avait perdu nos repères. On a aperçu la rivière du Doron au fond d’une gorge. Comme on avait très soif, on est descendus sur 700 m de dénivelé, en glissant sur les fesses», explique Roland.

Mais ils ne parviennent plus à s’extraire du ravin. Pris au piège, ils passent une nuit sous les sapins. Puis une seconde dans une petite grotte, dormant enroulés dans un poncho.

De l'eau jusqu’au cou

À peine réveillés, ils tentent à nouveau de sortir des profondes et étroites gorges du Doron, suivant le cours d’eau. «On a traversé plusieurs fois le torrent. Je me suis retrouvée avec de l’eau jusqu’au cou. On aurait pu se noyer», se souvient Mauricette.

Durant toutes ces heures, ils n’ont rien à manger. La septuagénaire déniche quelques framboises, qu’elle donne à son mari, de plus en plus faible à cause de ses blessures. «C’est une belle preuve d’amour», commente Roland, ému, dans «Le Parisien».

«On ne va pas s’en sortir»

La troisième nuit, ils s’installent sur une pierre. Roland n’y croit plus. «On ne va pas s’en sortir», lâche-t-il. «Mais si», rétorque sa femme, encore pleine d’espoir et d’énergie.

Le quatrième jour d’errance est celui de trop pour Roland. Il ne peut plus marcher, délire, puis finit par perdre connaissance. «J’ai prié, prié.» Puis: «Je me suis dit que j’allais me laisser mourir avec lui», avoue Mauricette.

Plus vraiment d'espoir

Heureusement, ce samedi-là est le jour durant lequel le couple devait remettre les clés de son logement de vacances. Ce qu’ils ne font évidemment pas. Les gendarmes sont donc enfin alertés de leur disparition.

Leur voiture est repérée. Un hélicoptère des secours s’envole à la recherche du couple. Mais sans grand espoir. «Ces deux personnes de plus de 70 ans avaient disparu depuis quatre jours. On recherchait plutôt des corps», admet dans «Le Parisien» le pilote de l’appareil, le maréchal des logis-chef Benjamin Bercq…

Ultime passage

Vers 20 heures, l’hélicoptère est bientôt à court de carburant. Il effectue un tout dernier passage au fond de la gorge avant la nuit. «Au moment de repartir, je donne un dernier coup d’œil et, là, miracle, j’aperçois derrière un gros rocher la tête de la petite dame, elle nous faisait des signes. Dans l’hélico, cela a été une joie indescriptible, immense!», souligne Benjamin Bercq.

Roland est retrouvé face contre terre. Les sauveteurs le pensent même d’abord décédé. Il souffre en fait d’une sévère hypothermie: sa température corporelle a chuté à 26 degrés! Il est héliporté à Grenoble avec son épouse.

«À l’hôpital, les médecins m’ont dit que je n’aurais pas tenu trois heures de plus. L’arrivée des secours, c’est donc un miracle. Sans eux, je serais mort», confie-t-il. Son épouse n’a au final que des douleurs à un doigt et au poignet.

Le couple a accepté de témoigner dans «Le Parisien» depuis l’hôpital de Grenoble pour remercier tout ceux à qui ils doivent la vie.

Créé: 10.09.2019, 08h03

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.